Le bleu victime de son succès

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 Ça se bouscule devant les grossistes chinois du quartier du Marais, à Paris. Les vendeurs à la sauvette et ceux des boutiques de souvenirs remplissent de drapeaux tricolores leurs grands sacspoubelle noirs. Les plus petits se revendent ensuite 3 g. Les plus grands, 25. Face à la pénurie, un Chinois du Marais a fait spécialement affréter un avion avant France-Portugal. Mais tout est déjà parti. « Et c’est pareil pour les casquettes, les bracelets, il suffit que ce soit bleu et qu’il y ait marqué “France” pour que ce soit vendu », témoigne un vendeur. « Impossible is nothing » (« rien n’est impossible ») dit le slogan Adidas. Rien, sauf de dégotter un maillot de l’équipe de France. Les grossistes revendent les anciennes collections ; depuismardi soir, la nouvelle est épuisée. Adidas avait commandé 500 000 tee-shirts mais l’engouement, très faible au début, se révèle finalement plus fort qu’en 98. Et la boutique de la rue de Rivoli (1er) ne recevra aucun nouveau maillot avant dix jours. Car pour passer commande, il faut d’abord savoir s’ils seront floqués d’une seule ou de deux étoiles.


Michaël Hajdenberg