France-Portugal : les Bleus connaissent la musique

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Le 23 juin 1984, au stade Vélodrome de Marseille, les Bleus, dans un formidable sursaut d'orgueil et à l'issue d'une fin de match à couper le souffle contre le Portugal, arrachent leur qualification pour la finale de l'Euro (3-2 a.p.).
Le 23 juin 1984, au stade Vélodrome de Marseille, les Bleus, dans un formidable sursaut d'orgueil et à l'issue d'une fin de match à couper le souffle contre le Portugal, arrachent leur qualification pour la finale de l'Euro (3-2 a.p.). — AFP/Archives

« On fera le bilan le 9 juillet, assure Raymond Domenech. Mais le rêve est en train de se concrétiser. » Impressionnante de maîtrise face à l'Espagne et au Brésil, l'équipe de France ne se trouve plus ce matin qu'à une marche de l'objectif défini par son sélectionneur. En cas de succès face au Portugal, ce soir (21h) à Munich, les Bleus disputeraient ainsi une nouvelle finale, huit ans après la consécration du Stade de France.

Zinédine Zidane et ses coéquipiers savent pertinemment qu'il flotte depuis quelques jours un parfum de 1998 dans l'Hexagone. Après le succès face au Brésil, la voie vers le titre semble dégagée, même si Domenech s'est attaché à calmer les ardeurs. « Nous ne sommes plus en 1998, nous sommes en 2006. Nous, on ne fait pas de comparaison; nous avons notre propre histoire à vivre, prévient le coach tricolore. On a battu le Brésil, qui était champion du monde, on va nous mettre une étiquette. La demi-finale, c'est toujours la marche la plus difficile. »

Et si William Gallas affirme qu'« en demi-finale de Coupe du monde, il n'y a jamais de favori », les Bleus ne sont pas dupes. Une première défaite en compétition officielle face aux Lusitaniens serait dure à avaler.

Battu à deux reprises (Euro 1984 et 2000) par la France au stade des demies, le Portugal, meurtri par le dénouement du match de Bruxelles (but en or de Zidane sur un penalty consécutif à une main d'Abel Xavier), n'aborde pas la rencontre en position de force. « Ce match est resté en travers de toutes les gorges portugaises », confirme Helder Postiga. « Les statistiques ne plaident pas en notre faveur, souligne pour sa part le sélectionneur Luiz Felipe Scolari, toutefois invaincu depuis douze matchs en Coupe du monde. Mais nous n'avions jamais atteint la finale d'un championnat d'Europe avant 2004. Nous avons les moyens de réécrire l'histoire. » Vainqueurs de trois des quatre demi-finales qu'ils ont disputées depuis le cauchemar de Séville en 1982, les Bleus devront faire parler leur expérience des grands rendez-vous. Et prouver que la victoire est définitivement en eux.

S. Bordas (à Munich)