Cyril Guimard : «Vers une affaire Outreau du vélo»

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Interview de Cyril Guimard, conseiller technique au VC Roubaix.

Comment les apprentis coureurs du club réagissent-ils aux affaires de dopage ?

Ça leur passe au-dessus de la tête. Evoquer le dopage avec eux, c'est comme leur parler de la diarrhée des astronautes ! Nous avons organisé des réunions avec des médecins. Ils ont dit aux jeunes : « Le dopage fait gagner, mais c'est dangereux. » Ce n'est pas la bonne méthode. Que retiennent les gosses ? « On peut gagner en se dopant. »

Un des coureurs roubaisiens, Médéric Clain, a été cité par Philippe Gaumont dans l'affaire Cofidis...

Mais la fédération a bien été obligée de lui donner une licence, parce qu'elle n'a rien retenu contre lui. Tout le monde sait que Gaumont ne ment jamais [ironique]. C'est comme pour Cédric Vasseur, que la police avait accusé de prendre de la cocaïne. Finalement, on s'est rendu compte que d'autres cheveux que les siens avaient été analysés. Quand on juge dans l'urgence, on fait des erreurs.

Pensez-vous que Jan Ulrich ou Ivan Basso n'auraient pas dû être exclus du Tour de France ?

Dans leur cas, la justice espagnole détient des éléments accablants. Le problème, c'est que la rumeur évoque des coureurs qui ne sont pas cités en Espagne. On va droit vers une affaire Outreau du vélo. Il faut se demander pourquoi, dans ce genre d'affaire, des noms de cyclistes sortent à tort et à travers. Quand un footballeur français présente un taux d'hématocrite de 52 % [pour les contrôles, la norme est fixée à 50 % maximum] pendant la Coupe du monde 1998, personne ne dit rien. Pourtant, il était cité lors du procès de la Juventus de Turin, qui est au football ce que l'affaire Fuentes est au vélo.

Recueilli par Antoine Maes