France-Portugal (J-1) : Makélélé-Vieira, empereurs du milieu

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Toute équipe ayant l'ambition de remporter une Coupe du monde se doit de trouver le juste milieu. Il y a huit ans, Aimé Jacquet, encouragé par les cadres des Bleus, avait changé son fusil d'épaule en revenant à un système à trois récupérateurs avant le quart de finale contre l'Italie. En Allemagne, Raymond Domenech a gardé le même cap. Il est vrai que le sélectionneur peut compter sur un drôle de duo, Claude Makélélé et Patrick Vieira.

Revenu en sélection en même temps que Zinédine Zidane et Lilian Thuram, Claude Makélélé a eu un impact au moins aussi fort qu'eux sur le jeu des Bleus. Mis à part un léger trou d'air face au Togo, le milieu de Chelsea, qui avait décidé de raccrocher à l'automne 2004 après un surprenant passage en tribune face aux îles Féroé, règne en maître sur les pelouses d'outre-Rhin. « “Kéké” est tout simplement extraordinaire, témoigne Domenech. Je pensais qu'après sa longue saison en club il allait baisser de pied, eh bien non. » « C'est un régal de jouer à côté de lui, estime Vieira. Je peux me disperser un peu plus offensivement parce que Claude est là pour me couvrir. »

Effectivement, grâce au « petit » Claude, le grand Pat se lâche. Deux buts, deux passes décisives et une activité de tous les instants : la pieuvre est de retour, pour le plus grand plaisir de Raymond Domenech, qui l'a défendu contre vents et marées. « Je suis de mieux en mieux », assure timidement Vieira, recentré par rapport aux matchs amicaux pré-Mondial et dont on attendra une nouvelle performance de choix face aux Portugais. « Une équipe redoutable et au jeu similaire au nôtre », prévient Makélélé. Une chose est sûre : face aux Laurel et Hardy tricolores, les Lusitaniens risquent de ne pas rigoler.

S. Bordas (à Hameln)