Le Portugal, cadeau empoisonné des Bleus

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Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur du Portugal, rêve de gagner le Mondial-2006 de football avec un petit pays de 10 millions d'habitants après avoir remporté le trophée 2002 à la tête du grand - démographiquement et footballistiquement - Brésil.
Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur du Portugal, rêve de gagner le Mondial-2006 de football avec un petit pays de 10 millions d'habitants après avoir remporté le trophée 2002 à la tête du grand - démographiquement et footballistiquement - Brésil. — Nicolas Asfouri AFP

Dernier obstacle sur la route de la finale pour les Bleus, le Portugal n'a guère convaincu, mais a renvoyé à la maison les Pays-Bas et l'Angleterre. Un paradoxe qui donne à réfléchir. Après un match musclé contre les Néerlandais, les joueurs de Luiz Felipe Scolari n'ont guère été plus inspirés face aux coéquipiers de David Beckham. Grâce à leur force de caractère, les Portugais se sont pourtant offerts pour la deuxième fois de leur histoire un billet pour une demi-finale d'un Mondial, quarante ans après la défaite de la bande à Eusebio face à l'Angleterre. « Ce n'est pas une revanche, car en football, ce mot n'existe pas », confiait hier celui que l'on surnommait « la Panthère noire ».

Après l'épisode néerlandais, les Lusitaniens ont de nouveau mis à rude épreuve les nerfs de leurs adversaires, Wayne Rooney récoltant un carton rouge pour s'être essuyé les crampons sur Ricardo Carvalho. La séance des tirs au but confirmait la solidité mentale de Cristiano Ronaldo, dernier tireur décisif. Oubliée la défaite face aux Bleus (2-1) en demi-finale du championnat d'Europe 2000 : les Portugais peuvent désormais faire valoir leur expérience du plus haut niveau. Il y a deux ans, ils avaient déjà atteint la finale de leur Euro en 2004. « Nous progressons à chaque fois, c'est le moment d'aller plus haut et de viser le titre mondial », avoue Scolari. Luis Figo, incertain pour le match de mercredi contre la France, commence lui aussi à rêver d'un sacre, dimanche à Berlin. « Tout est possible dans le football, même pour un petit pays », annonce le milieu de l'Inter Milan.

Jérôme Capton

Les deux dernières rencontres France-Portugal en compétition officielle, déjà au stade des demi-finales, ont été serrées. Les Bleus s'étaient imposés 3-2 après prolongation lors du championnat d'Europe 1984, avant de profiter du but en or de Zidane lors de l'Euro 2000 (2-1).