Parreira a perdu la bataille tactique

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Le quart de finale du Mondial-2006 de football entre le Brésil et la France "ne sera pas une revanche" de la finale de 1998 qui avait sacré les Français (3-0), a affirmé mercredi le sélectionneur brésilien Carlos Alberto Parreira.
Le quart de finale du Mondial-2006 de football entre le Brésil et la France "ne sera pas une revanche" de la finale de 1998 qui avait sacré les Français (3-0), a affirmé mercredi le sélectionneur brésilien Carlos Alberto Parreira. — Antonio Scorza AFP

« Notre jeu est perfectible, mais on peut estimer qu'il y a un équilibre. Et face à la France, la seule obligation sera d'être efficace. » Serein avant le quart de finale vedette de ce Mondial, Carlos Alberto Parreira a vite déchanté, samedi soir à Francfort. Malgré son expérience (vingt matchs en Coupe du monde, un sacre en 1994), le technicien brésilien a largement perdu son duel à distance avec Raymond Domenech.

Pour contrer le 4-5-1 du Français, Parreira, pourtant très attaché à son 4-4-2, avait décidé de sacrifier Adriano au profit de Juninho pour densifier son milieu de terrain. Un coup d'épée dans l'eau. Dépassé par l'intensité de jeu, le Lyonnais a vite coulé. Les performances médiocres des latéraux, Cafu et Roberto Carlos, et les défaillances de Kaká et Ronaldinho ont rendu le Brésil impuissant (deux tirs dangereux en 90 minutes). « Les Français étaient parfaitement organisés. On n'a pas réussi à conserver le ballon. On ne méritait pas de gagner », reconnaissait, lucide, Juninho. « Nous devons le reconnaître, la France a bien mieux joué que nous », estimait Emerson, sorti du onze titulaire pour l'occasion. Quant au capitaine Cafu, dépassé par le rythme samedi, il déplorait ne pas avoir vu « le football typique brésilien ». La presse de son pays n'était pas aussi nuancée. « Pour quelqu'un qui a pu travailler pendant trois ans et demi, avec à sa disposition une génération dorée, Parreira a été un désastre complet dans cette Coupe du monde », regrettait la Folha de São Paulo. « J'espère que les supporteurs et la presse ne partiront pas à la chasse aux sorcières », a conclu, hier, un sélectionneur plus que jamais sur la sellette.

Sébastien Bordas