Euro2012: L'Espagne a joué à se faire peur contre la Croatie

FOOTBALL Victorieuse de la Croatie (1-0), la Roja assure sa qualification. Tout comme l'Italie...

Alexandre Pedro

— 

Jesus Navas félicité par Andres Iniesta après son but contre la Croatie, le 18 juin 2012.
Jesus Navas félicité par Andres Iniesta après son but contre la Croatie, le 18 juin 2012. — T.Bohlen /REUTERS

De notre envoyé spécial à Gdansk,

Si le supporter italien a gardé un œil sur cet Espagne-Croatie, il a été très vite rassuré. Cette rencontre n’avait aucune chance de terminer sur un 2-2 qui aurait été fatal aux Transalpins. Le tenant du titre a longtemps donné l’impression de se contenter du 0-0, pour arracher une victoire 1-0 presque heureuse. Mais que l’Espagne a souffert et fait souffrir ses supporters avant que Jesus Navas (à l’extrême limite du hors-jeu) délivre les siens à la 88e minute. Deux perdants dans l’affaire. Le public de l’Arena de Gdansk et la Croatie, victime de la victoire prévisible de l’Italie contre l’Irlande (2-0).

>> Espagne – Croatie est à revivre en live ici

Si elle termine première de ce très relevé groupe C, l’Espagne a senti  le souffle de l’élimination. «Ils ont passé un sale moment contre nous», remarque à juste titre, le sélectionneur croate, Slaven Bilic. Sans un nouveau miracle de Saint Iker Casillas sur une tête à bout portant d’Ivan Rakitic (58e), le procès de la Roja et celui de son sélectionneur, Vicente Del Bosque, serait déjà ouvert. «Ca a été un match difficile pour les nerfs», reconnaît Casillas.

Une Espagne fatiguée selon Iniesta

Comme pendant une heure face à l’Italie, cette Espagne donne l’impression agaçante de jouer en trottinant. Comme si elle cherchait à économiser ses batteries. Ou alors c’est qu’elle est peut-être incapable d’accélérer. Elle récite son football –comme un Xavi qui n’en finit plus de tourner en rond– mais cela sonne faux.Andres Iniesta préfère plaider la légitime fatigue. «Nous avons ressenti un coup de fatigue important, c'est ce qui nous coûte la qualité de notre jeu.»

La Croatie avait prévenu par l’intermédiaire de son meneur, Luka Modric. «On aura le ballon dix minutes.» Un plan de route appliqué à la lettre en première mi-temps. Rien à signaler ou presque à part un déboulé de Fernando Torres ou une reprise de David Silva. Et quand la sélection au damier décide qu’il est temps de sonner la charge pour force les portes des quarts de finale, la suffisance de la Roja devient fébrilité. Ses milieux n’en finissent plus de se marcher sur les pieds, mais Del Bosque en rajoute un sixième en lançant Jesus Navas à la place de Fernando Torres. Un choix qui s’est finalement révélé payant. Mais sans Iker Casillas, on tirerait sans doute une tout autre conclusion.