Les Bleus veulent aller jusqu'au bout

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Mais le but d'Henry, oublié par la défense brésilienne au second poteau, a relégué tout cela au second plan.
Mais le but d'Henry, oublié par la défense brésilienne au second poteau, a relégué tout cela au second plan. — John Mac Dougall AFP

 Raymond Domenech (entraîneur de l'équipe de France, au micro de TF1): "Il y a des fois où il n'y a pas de mots pour expliquer ce qu'on vit et comment on le vit. Tout simplement parce qu'on le vit. J'ai taclé avec eux, j'ai sauté, j'ai couru, j'ai gardé le ballon, j'ai tout fait. Je suis épuisé mais avec un bonheur immense. Il faut le savourer. Les vieux sont toujours là quand même. Les Portugais ne seront pas faciles à jouer. Mais pour le moment, j'ai envie de savourer ça. C'était le Brésil, c'était le quart de finale. On est en demi-finale. Le bonheur c'est ça, c'est ce qu'on vit maintenant. Dans le vestiaire on va tous se retrouver. Ce sont de grands moments. Il n'y a que le foot qui peut nous donner ces grands moments".

Zinedine Zidane (capitaine de l'équipe de France, au micro d'Eurosport): "C'est énorme. Il fallait faire un match énorme, on l'a fait. Il fallait tenir défensivement, jouer bien regroupé. On mérite notre victoire. on va essayer d'aller chercher cette place en finale. On n'a pas envie de s'arrêter là. C'est tellementt beau qu'on a envie de continuer. On veut aller au bout".

Thierry Henry (attaquant de l'équipe de France au micro d'Eurosport): "On a bien joué. C'est pas une victoire volée. Après les gens pourront dire ce qu'ils veulent dire. On est parti doucement. Je disais récemment en conférence de presse qu'on n'était pas là pour rêver. Mais un soir comme ça, ça donne envie de rêver. On veut aller au bout. On avait à coeur après la Coupe du monde 2002 de montrer qu'on n'était pas des +chiffons+. Voilà, on n'est pas des chiffons. Et c'est pas fini".

Claude Makelele (milieu de l'équipe de France au micro de RMC): "On n'a pas hésité à jouer. Je suis vraiment content qu'on ait gagné. On a bien joué partout, derrière, au milieu, devant. Je suis vraiment, vraiment content qu'on soit en demi-finale".

Lilian Thuram (défenseur de l'équipe de Francee au micro de RMC): "Je pense que le plus dur commence car tout le monde va nous prendre très au sérieux. On avait mis en place un schéma tactique qu'on a bien respecté."

Eric Abidal (défenseur de l'équipe de France au micro de RMC): "J'ai essayé de faire le boulot du mieux possible sur mon côté gauche et on rêve maintenant. Encore plus que depuis le début. J'embrasse tout le monde, tous les coaches que j'ai eus et tous les copains". Plus tard, au micro de Canal+: "On savait que ça allait être un match difficile, surtout que le Brésil est tenant du titre. On avait un objectif, le 9 juillet, et je pense qu'on est bien parti pour y aller. Contre le Brésil, il faut se méfier de tout le monde, mais il faut bien défendre pour gagner, et ce soir on a défendu à dix devant Fabien (Barthez). (La meilleure défense du Mondial?) C'est bien si on est la meilleure défense, mais la défense ce n'est pas seulement les quatre joueurs derrière et les deux '6' (les milieux défensifs, ndlr). C'est le bloc défensif, le collectif et on peut essayer de faire de bonnes choses".

Franck Ribéry (milieu offensif de l'équipe de France, au micro de Canal+): "On est très content d'avoir gagné, on était prêt pour ce match, avec la même équipe que contre l'Espagne. On avait un bon bloc, on savait que les latéraux, que ce soit Cafu ou Roberto Carlos, montaient très souvent, mais ce soir on les a bien coincés. Et comme on a joué assez haut, on les a empêchés de jouer dans les intervalles et on a récupéré le ballon pour aller de l'avant. (La relation avec Zidane) Ca se passe super bien, je suis content de jouer avec lui. Je suis content pour lui parce qu'il a fait des grandes choses ce soir, il nous a fait vraiment du bien, sur tout le terrain, quand on a de grands joueurs à côté, on sait que le ballon arrive dans les pieds, et techniquement, ça va tout seul. Moi, j'ai un jeu qui va toujours vers l'avant, et Zizou joue un cran au-dessus de moi et il arrive toujours à se démarquer (...) On va profiter de ça encore ce soir un peu ensemble, et demain. Mais après il y a un match contre le Portugal, qui va pas être facile. Il reste un match pour aller en finale et on va tout faire pour y aller".


Patrick Vieira (milieu de l'équipe de France): "On vient de battre les favoris, c'est un grand moment. On avait la hargne, on n'a rien lâché pendant 90 minutes, on n'a pas laissé d'espaces aux Brésiliens. On savait que le match allait se jouer sur des petits détails, sur un coup de pied arrêté. On a été patients et accrocheurs, et puis Titi (Henry) et Zizou (Zidane) ont fait du bon travail défensif. C'est la confirmation du travail effectué. On est un groupe de joueurs qui croient les uns en les autres". Plus tard, au micro de RMC: "C'est une grande performance de vraiment toute l'équipe. On a une très très belle équipe de France. Je pense avoir fait un match avec beaucoup d'attention pour ne pas prendre de carton. Zizou et Thierry ont fait un très grand travail. Pour battre une équipe comme le Brésil il faut être à 200%".

Willy Sagnol (défenseur de l'équipe de France): "Pour nous ce n'est pas une surprise. Nous avons eu un parcours difficile en qualifications et lors du premier tour, mais depuis le match contre l'Espagne nous avons une très grosse confiance en nous et nous voulons aller à Berlin. Zidane a été exceptionnel, pour ses derniers matches il veut tout donner pour la France et pour sa famille. Il se peut que ce soit une finale Allemagne-France".

William Gallas (défenseur de l'équipe de France): "On l'a fait, on est en demi-finale. On y croyait car on connaissait les défauts des Brésiliens. Tout le monde avait vu qu'ils avaient des problèmes au marquage. Le Brésil n'est pas imbattable, on l'a prouvé. Physiquement on a été meilleurs qu'eux. On a été très solidaires."

Mickaël Landreau (gardien remplaçant de l'équipe de France): "Tout le monde attendait Ronaldo, Ronaldinho et Kaka, et on a eu Zidane qui a tout fait à lui tout seul. C'est une immense joie, si on est champions du monde ce sera à 23. On a passé l'Espagne et le Brésil mais le plus dur reste à faire. Contre le Portugal ce sera loin d'être facile, ils seront durs à jouer".

Emmanuel Petit (ancien international français, sur RTL): "Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu Zizou produire un tel rendement de la première à la dernière minute. Ce soir, il a été un cran au dessus de tous les acteurs sur le terrain, même si toute l'équipe de France dans son ensemble a été excellente. J'ai vu un chef d'orchestre. J'espère, pour nous tous français, qu'on ne fera pas un parallèle avec 98, car il reste eux matches super importants à jouer. Ils le savent, les joueurs. Le Portugal va récupérer Deco, ils seront pratiquement au complet. Ce sera du 50-50. Mais le Portugal, comme l'Espagne ou le Brésil, ça nous réussit plutôt bien en ce moment".

Jean-Pierre Papin (ancien international français, sur RTL): "Zidane, il se fait plaisir, il monte tranquillement en puissance, ses copains l'ont aidé. Maintenant ils sont à deux matches de la victoire. C'est le leader qui est ressorti naturellement ce soir. Le Portugal, c'est costaud, ça ressemble un peu à Chelsea, avec les hommes de Mourinho derrière. J'ai peut-être plus peur d'eux que du Brésil".

Jean-François Lamour (ministre des Sports, sur RTL): "On ne reconnaît plus le Brésil quand il joue face à la France. Ils ont été largement bluffés par Zidane. C'est magnifique. Les joueurs français sont très très réguliers au plus haut niveau. Pas un ne manque à l'appel. C'est une belle équipe et on l'aime. Ils sont montés en puissance. C'est une équipe qui a tenu le coup pendant 90 minutes pour étouffer les Brésiliens. C'est l'expression de l'excellence et de la réussite. Leur joie était plus contenue que contre les Espagnols, car ils savaient alors qu'ils jouaient gros. Ca veut dire qu'ils ont vraiment envie d'aller à Berlin le 9 juillet".

Dominique de Villepin : "Cher Raymond Domenech, commence M. Villepin. Ce soir à Francfort, vous venez de réaliser un formidable exploit. La magie de cette rencontre, cet exploit considérable attendu depuis huit ans, a effacé nos anciens tourments".
"Présente dans tous les compartiments du match, la génération Zidane a défié et dominé une nouvelle fois le Brésil, champion du monde en titre, et la France a vibré à l'unisson avec le Waldstadion ce soir dans l'émotion retrouvée d'un certain 12 juillet 1998", continue le Premier ministre avant de conclure: "Au nom de tous nos compatriotes, je vous adresse mes voeux de succès pour la demi-finale et vous redis toute notre fierté".

Jacques Chirac : "J'ai ressenti une immense joie, a déclaré le chef de l'Etat quelques minutes après le match. Contre les champions du monde en titre, notre équipe a gagné".
"L'équipe de france a été admirable, a continué Jacques Chirac. Comme on pouvait s'y attendre, elle ira sans aucun doute aux prochaines échéances. Je lui souhaite beaucoup, beaucoup, de succès".
"On se retrouvera, je n'en doute pas un seul instant, à la finale à Berlin (le 9 juillet), a-t-il poursuivi. La France aime son équipe, la connaît bien et la soutient. Son destin est devant elle. C'est une immense joie pour toutes les Françaises et les Français".