France-Bresil : et un, et deux, et trois matchs victorieux ?

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L'autre rencontre, plus célèbre encore, entre les deux nations remonte à la finale du Mondial-98 au Stade de France. Face à l'enthousiasme des Français, les Brésiliens, avec un Ronaldo victime d'un mystérieux malaise quelques heures avant le match, n'avaient pas fait le poids.
L'autre rencontre, plus célèbre encore, entre les deux nations remonte à la finale du Mondial-98 au Stade de France. Face à l'enthousiasme des Français, les Brésiliens, avec un Ronaldo victime d'un mystérieux malaise quelques heures avant le match, n'avaient pas fait le poids. — Daniel Garcia AFP/Archives

Huit ans après la consécration au Stade de France, vingt ans après le légendaire duel de Guadalajara, la France visera la passe de trois

face au Brésil, demain soir à Francfort. S'ils parvenaient à dompter les favoris de cette Coupe du monde, les joueurs de Raymond Domenech seraient lancés vers un destin comparable à celui de la bande d'Aimé Jacquet en 1998 et son immortel « Et un, et deux, et trois-zéro ! »

« Les joueurs sont différents, le passé, c'est le passé », assure le sélectionneur tricolore, qui devrait aligner pour la première fois en deux ans la même équipe d'un match sur l'autre. Comme en huitième de finale face à l'Espagne, la tâche s'annonce toutefois ardue, la Seleção n'ayant connu aucun souci pour se qualifier jusque-là, malgré des performances en dents de scie. Cette position d'outsider portera-t-elle encore chance aux Bleus ? « Je ne sais pas si cela veut dire grand-chose... Cela fait 40 ans que le Brésil est favori, cela ne les empêche pas de gagner, poursuit Domenech. Nous, cela fait 90 ans qu'on est outsiders... » « Il y a cinq étoiles sur leur maillot [champions du monde 1958, 1962, 1970, 1994, 2002], on ne peut pas l'oublier, estime pour sa part Thierry Henry. Les Brésiliens ont une identité à laquelle aucun autre pays ne peut prétendre. Ils sont sûrs de leur football. Mais ce n'est pas évident de toujours répondre présent quand on est favori. »

Face à Ronaldinho, Ronaldo et aux autres artistes brésiliens, les Bleus devront s'appuyer sur le supplément d'âme entrevu face aux Espagnols. « Tout le monde a envie de se battre sans penser à son cas personnel, enchaîne Henry. Si on veut aller au bout, on devra jouer tous ensemble. » « A ce niveau de la compétition, c'est la force mentale d'un groupe contre celle d'un autre groupe, explique Lilian Thuram, ravi de voir les Bleus aussi soudés. On ne doit pas se donner de limites. S'il y a eu la qualification contre l'Espagne, c'est qu'il y avait un véritable état d'esprit avant. Savoir que nous sommes liés, c'est le plus important. J'espère que ce n'est que le début. »

Sébastien Bordas (à Hameln)