Roland-Garros: Rafael Nadal grimpe au septième ciel

TENNIS L'Espagnol remporte son septième titre à la Porte d'Auteuil. Record de Borg battu...

Romain Scotto, à Roland-Garros

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Le joueur espagnol, Rafael Nadal, lors de sa victoire à Roland-Garros, le 11 juin 2012.
Le joueur espagnol, Rafael Nadal, lors de sa victoire à Roland-Garros, le 11 juin 2012. — N.Elias/REUTERS

Sauvé par la pluie, relancé par le soleil et sacré dans la grisaille. Avant de soulever son septième trophée à Roland-Garros, Rafael Nadal a pris le temps de scruter le ciel parisien, priant intérieurement pour que celui-ci ne lui joue pas une autre mauvaise farce. A la peine dimanche, l’Espagnol a finalement bouclé lundi un match disputé en deux actes 6-4, 6-3, 2-6, 7-5. Une petite heure lui a suffi lundi avant de sauter dans ce petit îlot de la tribune présidentielle où sont toujours réunis les siens. Toni, son coach, Xisca, sa petite amie, ses parents, ou ses amis dont le basketteur Pau Gasol.

«Il y avait énormément d’émotion, mais c’est normal reconnaît Toni, l’entraîneur et tonton. Si on perdait encore aujourd’hui contre Djokovic, ça aurait été très dur. Pfffff…  Depuis la finale de Wimbledon 2008, c’est la victoire la plus difficile de Rafa.» C’est aussi celle qui permet à l’Espagnol d’entrer un peu plus dans l’histoire. Désormais, son nom figure sept fois au palmarès du tournoi. Une de plus que Bjorn Borg, avec qui le joueur déteste se comparer. Son entraîneur aussi n’aime pas trop les rapprochements: «Quand je regardais Borg à la télé, j’avais l’impression qu’il était imbattable. Mais quand je regarde Rafael, j’ai toujours l’impression qu’il est battable.»

Le déclic en Australie

Cette année, son neveu aurait d’ailleurs très bien pu finir à terre et laisser le Serbe réaliser son «Djoko Slam». Avant le retour sur le court, lundi, jamais Toni n’avait vu «Rafa» aussi patraque avant une finale. «Dans le vestiaire, je ne pensais pas qu’il pouvait gagner. J’ai dû le bousculer pour le faire réagir. Une heure avant d’entrer sur le court, on a beaucoup parlé. Et puis il a changé.» L’Espagnol a repris les clés. Il s’est remobilisé pour mettre en place un plan «anti-Djoko» élaboré depuis plusieurs mois.

Pour Sébastien Grosjean, c’est  la défaite en finale de l’Open Australie qui a servi de déclic à Nadal. L’Espagnol avait perdu, mais compris comment reprendre le dessus face au numéro 1 mondial. Résultat, il ne lui a laissé que quelques miettes, cette année sur terre battue. Cette capacité d’adaptation impressionne Thierry Champion qui voit en l’ogre de Manacor un champion en constante évolution: «Ce n’est pas le même qui a gagné le premier titre à Roland. Pour moi, il est plus impressionnant. C’est le meilleur joueur, le meilleur athlète, le plus en confiance. Il est au-dessus stratégiquement. Et il devrait être là encore une paire d’années.» Quand Nadal efface tous les records, on oublie parfois qu’il n’a que 26 ans.