Rafael Nadal: «L'important, c'est de gagner le tournoi. Que ce soit la 7e ou la 5e fois»

TENNIS Avec sept victoires à Roland-Garros, l'Espagnol dépasse Bjorn Borg dans l'histoire du tournoi...

Propos recueillis par R.S.

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Le joueur espagnol, Rafael Nadal, lors de sa victoire à Roland-Garros, le 11 juin 2012.
Le joueur espagnol, Rafael Nadal, lors de sa victoire à Roland-Garros, le 11 juin 2012. — N.Elias/REUTERS

Comme chaque année, le trophée trône à quelques centimètres de lui quand il livre ses premiers mots d’après finale. A Roland-Garros, l’Espagnol a remporté lundi sa septième victoire, ce qui lui permet d’effacer le record de Bjorn Borg. Mais entrer dans l’histoire du tennis n’a jamais été la priorité du numéro 2 mondial, qui savoure une à une, chacune de ses victoires…

Avec vos sept victoires, Novak Djokovic a dit de vous que vous étiez le meilleur joueur de l’histoire sur terre battue. Qu’en pensez-vous?

Je le remercie. Je ne sais pas si je suis le meilleur ou pas. Ce n’est pas à moi de le dire. Je sais que j’ai les meilleurs résultats sur ce type de surface. C’est énorme pour moi. J’a beaucoup d’émotion. Mais les records, c’est accessoire. Pour moi l’important, c’est de gagner le tournoi. Que ce soit la 7e ou la 5e fois.

On vous a senti très ému à la fin du match…

Oui, j’ai passé une soirée difficile depuis la veille. Dans ma tête, je joue ce match depuis vendredi. Je me sentais fatigué et nerveux. J’avais la sensation de ne pas être totalement prêt. Je me suis senti prêt à entrer sur le court trois minutes avant de le faire. Juste avant, j’étais beaucoup trop nerveux pour le défi à relever.

Vous considérez-vous comme chanceux ou pas de jouer à une telle époque, avec des adversaires si forts?

J’ai énormément de chance. J’ai réussi ce que je voulais réussir aujourd’hui. J’ai eu de très grands rivaux. Je trouve que c’est une très belle époque du tennis. On joue contre des joueurs fantastiques.  Je suis heureux de jouer un match comme celui là en finale. J’ai souffert mais j’ai beaucoup apprécié ce match. D’un côté, c’est vrai qu’on peut se dire qu’on n’a pas de chance de jouer à une telle époque, mais je pense que j’en ai quand même. C’est un peu des deux en fait.

Comment avez-vous préparé cette deuxième partie de finale? Vous avez fini sur huit jeux perdus d’affilée…

Les conditions étaient inhabituelles. Les balles étaient plus lourdes que jamais. A la fin, les rebonds étaient mauvais sur la dernière demi-heure de match dimanche soir. Les conditions étaient beaucoup plus favorables à Novak qu’à moi. Et c’est le meilleur du monde. Il a tout réussi dans cette partie de match. Je n’étais pas en mesure de le repousser comme au début du match. C’est lui qui était en mesure de me repousser tout le temps. J’ai eu le sentiment d’être débordé.

Avez-vous bien dormi après l’interruption de dimanche soir?

Pour être honnête j’étais nerveux toute la nuit. Anxieux. Même si c’était bien mieux pour moi que le match soit arrêté. J’ai regardé le foot dans le vestiaire. Je n’ai pas revu mon match, ni lu la presse, ni rien. Le soir, j’ai vu une série, sur Sangoku (de Dragon Ball Z) que j’avais déjà vu deux trois fois et je me suis couché vers minuit. Ça a bien marché.

A votre âge, Borg s’arrêtait de jouer au tennis. Combien de temps comptez-vous encore jouer?

Je n’en sais rien. Je ne peux pas prévoir. Je reviendrai ici et je continuerai à jouer jusqu’à ce que mon physique me le permette. Tant que je serai motivé, que j’aurai la passion de ce que je fais. Tous les matins, je me lève pour l’entraînement, pour m’améliorer. Le jour où cela changera, je dirai: salut les gars, je passe à autre chose.

Vous êtes toujours très humble. Mais pouvez-vous donner une explication sur la domination que vous affichez à Roland-Garros ?

Je ne suis pas forcément meilleur ici, mais bien sur terre battue. Je ne sais pas pourquoi. C’est parce que j’ai travaillé dur. Parce que mon jeu s’adapte bien à cette surface. Mon déplacement aussi. Peut-être parce qu’on a plus le temps de réfléchir sur cette surface. La raison, aussi, c’est que j’ai toujours peur de perdre. Tous les jours, je rentre sur le court avec énormément de respect pour mon adversaire. Et ça fait huit ans que je suis extrêmement concentré. Je suis présent à 100% mentalement.