Mourad Boudjellal massacre les patrons du rugby français

RUGBY Le président de Toulon a stupéfié son auditoire samedi à l'issue de la finale du Top 14 perdue contre Toulouse (18-12), en tenant de nouveaux propos choc contre le monde du rugby...

Nicolas Stival (au Stade de France)

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Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, est dans le collimateur de la Ligue de rugby. 
Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, est dans le collimateur de la Ligue de rugby.  — VILLALONGA KARINE/SIPA

De notre envoyé spécial au Stade de France

Aucun doute. Mourad Boudjellal a bien quitté «le monde entre les fées et les trolls» dans lequel la demi-finale gagnée contre Clermont (15-12) l’avait, d’après lui, projeté. Tout juste revenu de 130 jours de suspension de terrain et de vestiaires pour ses outrances verbales, le président du RCT, qui a toutefois félicité son vainqueur toulousain, n’a cette fois pas employé l’expression fleurie de «sodomie arbitrale», qui lui avait valu sa punition. Mais ses propos prononcés une semaine plus tôt dans la fièvre de la victoire - «j’aime les gens du rugby» - n’ont plus cours. Vraimnt plus.

 >> une finale a revivre en live comme-à-la-maison par ici

Suspendu quatre semaines le 25 mai pour un plaquage cathédrale sur le biarrot Takudzwa Ngwenya lors de la finale perdue du Challenge européen, l’extraordinaire pilier droit néo-zélandais n’a pas été blanchi par la commission mixte LNR (Ligue nationale de rugby) – FFR (Fédération française de rugby), réunie vendredi. Malgré le référé déposé par le RCT, qui a justement vécu le martyre en première ligne face à Toulouse, en l’absence du All-Black. «Cette année, la finale ne s’est pas jouée samedi, mais vendredi, peste Boudjellal. Je ne veux pas dire du mal de Toulouse, mais comment peut-on accepter dans le rugby français que des joueurs expulsés (dont le Toulousain Maestri) puissent jouer le match suivant, alors qu’un joueur qui écope d’un carton jaune (comme Hayman) ne joue pas les quatre rencontres suivantes?»

 Les dirigeants du rugby français «n’ont pas d’honneur»

«Cela fait six ans que je suis dans le monde du rugby, et cela fait six ans que je prends des coups car je dis des vérités», lâche le patron du club toulonnais. Vient alors une terrible diatribe contre les dirigeants du rugby, jugés totalement dépassés. «Qu’ils essaient de faire ce que j’ai fait et d’investir l’argent que j’ai mis, et ils pourront juger mes émotions, mes comportements», peste Boudjellal. «Ils n’ont pas de visage, pas d’honneur», poursuit celui qui accuse ses pairs de lui faire la bise tout en le débinant dès qu’il a le dos tourné.

«Malheureusement pour eux [les dirigeants], ils vont devoir me supporter un peu plus longtemps, assène Boudjellal. Si on avait gagné la finale, je ne serais peut-être pas resté dans ce monde. Je n’ai pas envie de leur ressembler. J’ai 52 ans, je fais du sport. Certains sont des caricatures. Qu’est-ce qu’ils nous emmerdent? Ils sont vieux, ils s’accrochent, ils vont rester jusqu’à quand? Jusqu’à ce qu’ils se pissent dessus?»

Ses propos ne devraient être que très modérément apprécié par les gros pardessus de la LNR ou de la FFR. «Ils peuvent me suspendre, je suis bien dans les tribunes», rétorque le président toulonnais.