Nautisme : les fils de Jean Bart volent sur l'eau

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« C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme ». Renaud avait raison. Quand on monte à bord de Courrier-Dunkerque, le bateau nordiste qui prend aujourd'hui le départ du Tour de France à la voile, la mer, on l'a prend en pleine tête. Malgré ses 9,24 m de longueur et ses 3,07 m de largeur, le Mumm 30 dunkerquois subit les flots. Il faut toute l'expérience de Daniel Souben, le barreur breton, « 47 ans dont 47 à naviguer » pour maîtriser le voilier nordiste.

Courrier-Dunkerque est un pari : celui de redonner un souffle à la voile nordiste, dont l'étendard est depuis des années Joe Seeten, infatigable globe-trotter. Financé en bonne partie par la ville et la communauté urbaine de Dunkerque, il espère faire mieux que sa 8e place de l'an passé, tout en intégrant des élèves de l'école de voile voisine. Pour cela, l'équipage multiplie les sorties au large. « Tout n'est jamais fini sur un bateau. Il y a toujours un réglage à affiner, une pièce à changer », explique Daniel Souben. A bord, c'est un ballet sur l'eau. Une mécanique huilée qui ne doit connaître aucun raté. « On est ensemble depuis janvier. La voile, c'est le sport collectif absolu », remarque le boss nordiste.

Tout a été prévu, planifié, pensé. De la préparation de l'équipage (VTT, musculation, endurance), au débriefing technique une fois à quai. La passion, pourtant, n'est jamais loin sous la surface de la compétition. Nourri à l'école des Pen Duyck, l'équipage n'aime rien tant que ces longs « surfs » ou la coque blanche de Courrier-Dunkerque bat la mer comme on fouette un nuage. Pas étonnant que l'embarcation ait été baptisée en hommage à Courrier Sud, le chef-d'oeuvre de Saint-Exupéry. A bord, on vole ou on flotte ? On ne sait plus. Demain, lors du prologue au large de Dunkerque, et plus tard, lors des trente jours de cette course épique, Courrier-Dunkerque devra planer le plus souvent possible. L'avenir de la voile nordiste passe par là.

Antoine Maes