Der Zakarian, retour au renvoyeur

David Phelippeau
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Pas toujours à l'aise à l'oral devant les micros, Michel Der Zakarian (à gauche) s'en est plutôt bien sorti, lundi, sous les yeux de Franck Kita.
Pas toujours à l'aise à l'oral devant les micros, Michel Der Zakarian (à gauche) s'en est plutôt bien sorti, lundi, sous les yeux de Franck Kita. — F. Elsner / 20minutes

   L'exercice d'équilibriste a été plutôt bien maîtrisé. Lundi, Franck Kita (en l'absence remarquée du père) a présenté le nouvel entraîneur du FC Nantes Michel Der Zakarian à la presse. « On commence à maîtriser, c'est le sixième entraîneur [huit en réalité sous l'ère Kita]... », glisse en rigolant le fils Kita quand on lui dit que le « grand oral » s'est bien passé. Quatre ans après, Der Zakarian retrouve le président qui l'avait congédié pour mauvais résultats. La situation « pas banale », aux dires de Franck Kita, suscite interrogations et commentaires. Pour y répondre, « Der Zoum » a une réplique implacable pour éluder la polémique : « Le passé, c'est le passé. Aujourd'hui, il faut regarder devant. » 

   Pourquoi le choix de Der Zakarian ? « On a vu le parcours qu'a fait Michel Der Zakarian à Clermont avec un budget ridicule [6 millions, soit un peu plus que celui du centre de formation du FCN], explique Franck Kita. On a toujours eu de très bons rapports avec lui. Ce qu'on souhaitait, c'est un coach avec un parcours de joueur et un vrai parcours professionnel. C'est un ancien Nantais. Michel répondait à tous ces critères. » Autre élément important : « Seul Michel Der Zakarian a fait remonter le FC Nantes (2007-2008). Pour les bons entraîneurs, il y a transfert [75 000 € versés par le FCN à Clermont pour sa dernière année de contrat]. » En filigrane, Franck Kita égratigne le prédécesseur Landry Chauvin parti à Brest gratuitement…
  Pourquoi Der Zakarian a accepté ?
  « On m'a dégagé sans que j'aie le droit de faire jouer certains joueurs [Goussé et Bagayoko à l'époque] ! », déclarait, en 2009, un an après son limogeage, Michel Der Zakarian. L'interventionnisme du président Kita a bien sûr été évoqué avec le nouveau coach…
  « A l'époque, le contexte était différent, les gens autour du président étaient aussi différents [présence de Larièpe et Praud], esquive Der Zakarian. Le président a désormais une approche différente. Il a changé et moi aussi. On a eu une discussion claire. C'est moi le responsable du sportif. C'est moi qui décide, c'est clair et net. Le président a pris de l'âge et s'est assagi dans son discours. » Michel Der Zakarian n'a pas dû lire la presse ces dernières semaines…
  Autre élément capital qui a contribué à son retour : l'aspect affectif. A Nantes, il va travailler avec l'adjoint Bruno Baronchelli et l'entraîneur de l'équipe réserve Loïc Amisse, qui sont tous deux des amis. « Nantes, c'est mon club de cœur », poursuit-il. C'est également la ville dans laquelle vivent ses deux enfants… « Le contexte familial est aussi très important », conclut-il. 

   L'objectif : la remontée en Ligue 1. Les deux parties semblent être en phase. On ne parlera pas de « transition » cette saison. « L'objectif commun est de faire remonter le FC Nantes en Ligue 1 », estime Franck Kita. Quelques minutes plus tard, Der Zakarian insiste aussi sur son obligation de résultat. « On ne peut pas dire qu'on est là pour se maintenir quand on est à la tête du FCN, explique le nouveau technicien nantais. Il doit avoir sa place en Ligue 1, même si [la L2] est un championnat compliqué. Ça fait six ans que je côtoie la L2, il faudra encore un exploit pour remonter. J'ai envie de réussir mon projet. »
  L'opération recrutement semble déjà lancée. « Si des joueurs doivent venir, c'est moi qui déciderai, explique le successeur de Chauvin. Concernant la négociation et l'économique, c'est le président. » Chacun à sa place. Tout semble clair, net. Comme après chaque présentation d'entraîneur au FC Nantes finalement…