Roland-Garros: Contre Isner, Paul-Henri Mathieu était «prêt à perdre»

TENNIS Le Français a éliminé l'Américain après un match de plus de cinq heures et demies...

Propos recueillis par Antoine Maes

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Paul-Henri Mathieu célèbre sa victoire, le 31 mai 2012, sur le court central de Roland-Garros, contre John Isner.
Paul-Henri Mathieu célèbre sa victoire, le 31 mai 2012, sur le court central de Roland-Garros, contre John Isner. — A.GELEBART / 20Minutes

A force, il doit être un peu fatigué qu’on lui reparle de sa blessure perpétuellement. Revenu d’une absence d’un an pour une grave blessure au genou en février dernier, Paul-Henri Mathieu a soulevé le cœur du Central lors de sa victoire dantesque contre John Isner (6-7, 6-4, 6-4, 3-6, 18-16).

Après un match aussi long, dans quel état physique êtes-vous?

 Je ne suis pas en grande forme c’est évident. Si on me demande de retourner sur le court jouer trois sets, je ne suis pas sûr d’y arriver. Je ne vais pas vous mentir et vous dire que je suis frais. 

Est-ce que le Paul-Henri Mathieu d’avant sa blessure aurait gagné ce match?

Difficile à dire. Cette blessure a changé beaucoup de choses, m’ai aidé à prendre beaucoup de recul. Mais en même temps, je ne peux plus me préparer comme je me préparais avant. Là, dès le début du match j’avais plus de recul. Avant, je voulais tellement gagner que parfois je me crispais. 

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Vous avez pensé à quoi sur la dernière balle de match?

J’ai l’impression que ça n’allait jamais finir. Le match de Nico (Mahut, qui a disputé le match le plus long de l’histoire contre Isner) m’a traversé l’esprit. J’avais du mal à croire que c’était fini. 

Ca valait le coup de faire tous ses efforts pour revenir, non?

C’est un des plus grands moments de ma carrière. Je me suis battu pour revivre ça. Même si j’avais perdu, j’avais passé une journée incroyable avec les gens sur le court. Je voulais gagner, mais j’étais prêt à perdre. C’était important aussi. 

Aviez-vous demandé des conseils à votre grand copain Nicolas Mahut?

J’ai demandé à Nicolas comment il servait, et où sur les balles break. Il m’a dit «partout».J’ai répondu:  «Tu rigoles, t’as joué 15 heures contre lui, tu sais pas où il sert?» Donc il m’a pas du tout aidé (rire). Le plan tactique que j’avais, c’était de retourner son service, et à la fin du match, de le faire bouger. 

Vous attendiez-vous à tenir le choc physiquement?

Honnêtement non. Je ne me suis pas entraîné plus de deux heures, deux heures et demies depuis plus de deux ans. Mais je me suis même pas posé la question. Ca fait 15 ans que je joue aussi, mon corps se réhabitue petit à petit. Je ne pense pas que j’aurai été beaucoup plus frais il y a 2 ou 3 ans. 

Il parait que vous vous êtes blessé à l’orteil…

Maintenant je peux le dire, je me suis fracturé l’orteil quatre jours avant le tournoi, en cognant contre un banc. Et là après le match, je me suis cassé deux ongles. A force de buter contre la chaussure. Mais bon ça va aller. J’ai connu pire.