Roland-Garros: Difficile d'exister dans l'ombre du «Big four» français

TENNIS Derrière les quatre meilleurs tricolores, certains joueurs guettent désespérément la lumière...

Romain Scotto
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Le joueur français Nicolas Mahut, lors de son match à Roland-Garros, le 27 mai 2012.
Le joueur français Nicolas Mahut, lors de son match à Roland-Garros, le 27 mai 2012. — F.Lenoir/REUTERS

Ils gravitent autour du Top 100 et triment un peu plus que les autres pour passer quelques tours à Roland-Garros. Dans le sillage de Gasquet, Monfils, Simon et Tsonga, les quatre habitués de l’équipe de Coupe Davis, certains joueurs rêvent eux aussi d’attirer ce rayon de lumière qui éclaire les cadors du tennis français. Une place sur le Central, des encourageants incessants ou des courts d’entraînement réservés à l’avance, cela se mérite. Mais parfois, certains «seconds couteaux» aimeraient un peu plus de considération.

Il y a quelques semaines à Marseille, Nicolas Mahut avait été le premier à hausser le ton. Opposé à Tsonga, le 89e joueur mondial avait mal vécu l’ambiance partisane en tribunes. Comme souvent, les «Allez Jo!» couvraient aisément les rares «Allez Nico.» «Tu joues en France, tu penses avoir le soutien du public et puis non... Je peux le comprendre, Jo est notre numéro 1, mais, dans ces moments-là, j'ai vraiment l'impression d'être un baltringue. Tu te sens inférieur.»

«Des mini-avantages qui font la différence»

Qualifié pour le deuxième tour à Roland-Garros, le joueur de 30 ans n’a pas eu à se plaindre, dimanche lors de sa victoire face à Roddick. Cette fois, tout le public était derrière lui. Sans parler de sentiment d’infériorité, Julien Benneteau comprend pourtant l’agacement de Mahut. «Le public est plus pour Jo en France parce qu’il est le numéro 1 et il est plus suivi. Après, ça dépend de quelle manière c’est fait. Si c’est trop exagéré, c’est pénible. Mais quelque part ce sont des locomotives, ils nous tirent.»

Ancien 49e mondial, Adrian Mannarino regrette lui les avantages perdus, une fois sorti du top 100. A Roland-Garros, seules les têtes de séries ont le droit de réserver des courts en avance. «Nous, pour nous entraîner, on n’a pas les mêmes conditions. Des fois, c’est un peu chiant. Ce sont des mini-avantages qui, mis bouts à bouts, font la différence.» Florent Serra, passé pour une fois par les qualifications, voit parfaitement à quoi il fait allusion: «Il peut arriver que certains récupèrent des badges en plus. Parfois, nous on a le droit qu’à 4 ou 5 balles, et eux viennent avec une caisse pleine. Ce n’est pas évident.»

«La com’ est faite sur eux»

Voilà en partie pourquoi Mahut pointe la responsabilité des organisateurs, aux petits soins pour leurs chouchous: «Les tournois mettent beaucoup d’argent sur eux, les gens viennent pour eux, la com’ est faite sur eux. Du coup, tu te sens inférieur et tu n’entres pas dans le combat». Pour cela, le Parisien sait ce qu’il lui reste à faire. Gagner son deuxième tour face à Klizan, grimper au classement et prendre leur place.