Gilles de la Bourdonnaye prépare Pékin... sur place

©2006 20 minutes

— 

Il est toujours licencié au TTC Nantes. « A vie », jure t-il. Mais depuis mars, Gilles de la Bourdonnaye, double champion du monde handisport de tennis de table, s'entraîne à Qingdao, ville chinoise de 6 millions d'âmes. A 33 ans, il y vit avec son épouse et leur fils de 7 mois et y a un poste en or : directeur du bureau des Pays de la Loire ouvert dans la province du Shandong, en partenariat avec EDF. « Son cursus, son parcours sportif, son esprit olympique en font un ambassadeur idéal », résume Jacques Auxiette, le président (PS) du conseil régional. Titulaire d'un master franco-chinois, le Nantais a vécu plusieurs mois à Hong Kong, Shanghai et Pékin. L'empire du Milieu est sa deuxième passion, le mandarin sa deuxième langue. « Ici, tout bouge très vite, c'est grisant... » Les entraînements ? « J'ai moins de temps qu'à Nantes : trois par semaine, et un peu de physique le week-end. » Les 500 licenciés du club de Qingdao – signataire d'un accord d'échange avec le pôle France de Nantes – pratiquent avec lui. « Les séances sont plus longues qu'en France, les exercices plus durs... On n'est pas là pour rigoler. » Rigueur quasi militaire, perfectionnisme... Les clichés n'en sont pas forcément.

En septembre 2006, Gilles défendra son titre mondial en Suisse... Puis il y aura le dernier objectif de sa carrière de haut niveau : Pékin 2008. « Même aux Jeux d'Athènes, on y pensait tous... Je veux vraiment y faire une médaille. L'ambiance va être inimaginable... » Le tennis de table, en Chine, est un sport national. Les meilleurs joueurs sont connus même des ménagères a priori indifférentes... Gilles le sera aussi. Une fierté qu'il partagera avec ses coéquipiers du TTC, 3e en Pro B cette saison : « Hallucinant ! A chaque match, je les appelai. » Dans trois ans, en théorie, il les retrouvera à Nantes, fin de contrat oblige. « J'ai peur qu'il veuille rester à Qingdao, confie pourtant Misa, son épouse. Il aime trop la Chine... »

Antoine Gazeau

Photos Jean-Sébastien Evrard

Misa, son épouse Gilles a su vite s'adapter à sa vie chinoise. Je l'admire. Il sait que les Jeux de Pékin seront les meilleurs côté ambiance : il sera au top ! Marcel Retailleau, président du Comité régional olympique et sportif Il sait se fixer des objectifs et s'y tenir : c'est ça un sportif de haut niveau ! Et il s'implique à fond dans les dossiers. A cet âge, c'est rare. Olivia, l'une de ses deux adjointes chinoises Gilles reste calme même sous pression. Les différences culturelles ne posent aucun souci, car il connaît la Chine depuis longtemps...