Equipe de France: Hatem Ben Arfa a-t-il vraiment mûri?

A Clairefontaine, Bertrand Volpilhac

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Hatem ben Arfa s'entraine le 22 mai 2012 à Clairefontaine.
Hatem ben Arfa s'entraine le 22 mai 2012 à Clairefontaine. — FRANCK FIFE / AFP

Dans le milieu du football, Hatem Ben Arfa traîne une sale réputation. Celle d’être un gamin aussi ingérable que bourré de talent. A Marseille et  Lyon, d’où le joueur est parti en allant au «clash» (en 2008 et 2010), on entend encore aujourd’hui au loin, quand le soleil se lève, les revendications prétentieuses de ce  génie du dribble, aussi arrogant sur le terrain qu’en dehors. Sauf que ça, c’était avant.

Avant sa double fracture tibia-péroné de la jambe gauche, fin 2010. Le genre d’événement qui vous change un homme, qui ramène sur terre une star qui n’en a jamais été tout à fait une. Depuis, HBA le jure, il a mûri. «Je pense que je suis plus fort qu’avant car j’ai évolué, j’ai grandi, explique-t-il. J’ai 25 ans, je n’ai plus 20 ans. Avec la maturité, on fait les choses mieux, comme par exemple de tout donner pour ne pas avoir de regrets.»

Discours policé et jeu collectif

Son discours est préparé, policé, comme celui d’un vieux routier des terrains. Et plus celui d’un gamin qui retourne un vestiaire en deux insultes. «On pouvait avoir ce débat il y a trois ou quatre ans, mais là, ce n’est vraiment pas le Hatem que je connais, enjoint son coéquipier à Newcastle, Yohan Cabaye. Je sais que s’il est dans les 23, il va se fondre dans le moule, il ne va pas faire de bruit. De ce qu’il m’a montré cette saison, c’est l’opposé de la façon dont les gens peuvent le décrire. Je me suis toujours bien entendu avec lui. Pour moi, c’est une bonne personne.» 

Reste à grandir aussi sur le terrain, où Ben Arfa a toujours fait preuve d’une certaine nonchalance, voire d’égoïsme. «Quand on évolue en tant qu’homme, ça se répercute sur le terrain, assure-t-il, l’air convaincu et inspiré. J’essaie de travailler sur mes défauts, le manque de concentration et le fait de ne pas être vraiment constant dans un match. Aujourd’hui, je suis vraiment dans la démarche collective, de travailler pour l’autre.» Le clamer est une chose, le prouver sur le terrain dimanche face à l’Islande, une autre. Mais c’est la condition sine qua non pour aller à l’Euro.