Patrice Evra: «Avec l'équipe de France, je n'ai que de mauvais souvenirs»

FOOTBALL L'ancien capitaine des Bleus à la Coupe du monde en Afrique du Sud veut enfin connaitre «le grand bonheur» avec l'équipe de France....

Propos recueillis par Bertrand Volpilhac à Clairefontaine

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Patrice Evra à Clairefontaine  lors de  la conférence de presse de l'équipe de France à Clairefontaine le 22 mai 2012.
Patrice Evra à Clairefontaine  lors de  la conférence de presse de l'équipe de France à Clairefontaine le 22 mai 2012. — Charles Platiau / Reuters

Il a beau jurer le contraire, Patrice Evra est en opération séduction. Souriant, avenant avec les journalistes ce mardi à Clairefontaine, le capitaine du bateau naufragé de la dernière Coupe du monde cherche à se faire aimer de nouveau. Et il le sait, cela passe forcément par un bel Euro, pour enfin «connaitre un moment de joie» avec les Bleus.

Comment vous sentez-vous actuellement?
Je suis très heureux. Je me sens privilégié d’être là, et frais. Je m’attendais à être plus fatigué que ça car j’ai eu une longue saison avec Manchester, mais ça va.

Qu’attendez-vous de cet Euro à titre personnel?
J’ai toujours eu l’impression de faire mon métier à 50%. Avec Manchester, ça a toujours été une logique de gagner, mais avec l’équipe de France, ça n’a jamais été le cas, il n’y a que des mauvais souvenirs… J’aimerais avoir enfin un moment de joie. Que cette équipe de France gagne quelque chose.

Par rapport à la Coupe du monde 2010, vous avez un sentiment de revanche?
Oui, mais pas par rapport à ce qu’il s’est passé en 2010, mais par rapport à ma carrière. J’ai l’habitude de gagner avec Manchester, pas avec la France. J’aimerais vraiment connaître ce bonheur. Ce qui est passé est passé. Il faut oublier maintenant l’Afrique du Sud, tourner la page.

Vous ne sentez pas l’obligation de redorer votre image, en quelque sorte?
Vous allez encore vous fâcher contre moi, mais ça, c’est ce qui s’écrit dans la presse. Après la Coupe du monde, je suis allé manger en plein centre de Paris et personne n’est venu m’insulter…

Le forfait d’Abidal a redistribué les cartes côté gauche. Est-ce que vous estimez être le mieux placé pour être titulaire?
Quand j’ai pris mes six matchs de suspension, un journaliste avait demandé à Laurent Blanc si on reverrait un jour Patrice Evra en équipe de France. Il avait répondu, tout logiquement, qu’en six matchs, les autres prétendants avaient le temps de boucher cette place. J’ai été rappelé après un problème de santé d’Abi (ndlr: Eric Abidal) et il y a eu ce mini-tournoi en Pologne et en Ukraine où je pense que j’ai fait deux bons matchs. A partir de ce moment-là, je crois que j’ai marqué des points dans l’esprit de Laurent Blanc. J’ai senti une confiance et une satisfaction de sa part.

On vous sent très détendu, souriant, presque content d’être face à des journalistes…
On ne va pas exagérer (rires). C’est normal. Je suis heureux. Comme on dit, les plus forts oublient, ça ne sert à rien de continuer à se faire la guéguerre.