NBA: «Baby» Bynum a bien grandi

BASKET Le pivot des Lakers enchaîne les performances. A tel point qu'une finale NBA ne semble soudain plus totalement inaccessible...

Philippe Berry

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Andrew Bynum, des Los Angeles Lakers, le 29 avril face aux Denver Nuggets.
Andrew Bynum, des Los Angeles Lakers, le 29 avril face aux Denver Nuggets. — M.J.TERRILL

De notre correspondant à Los Angeles

Personne n'avait réalisé un «triple double» points/rebonds/contres en playoffs depuis Hakeem Olajuwon en 1990. Dimanche dernier, Andrew Bynum a écœuré les Nuggets avec sa «block party». Il a surtout confirmé mardi, lors de la victoire du 2-0, avec une solide performance: «seulement» deux contres, mais neuf rebonds et 27 points (12 sur 20 au tir, après un impressionnant 9 sur 12 à la pause). A la fin du match, il estimait pourtant avoir «trop vendangé».

Plus que les chiffres, deux choses semblent avoir changé sur le parquet des Lakers: l'état d'esprit et la complicité entre Kobe Bryant et Andrew Bynum. Illustration mardi soir: à 2'15 de la fin du match, avec seulement 4 points d'avance, Bryant pique un ballon et part pour un lay-up. Au dernier moment, il passe à Bynum, qui conclut l'action par un dunk facile. La double tape dans les mains pour célébrer l'action en dit long: à 24 ans, «Baby» Bynum est enfin adoubé par le vétéran.

Une longue maturation

A 24 ans, Bynum en est déjà à sa 6e saison. Drafté directement à la sortie du lycée, il devient le plus jeune joueur à débuter en NBA à 18 ans et six jours. Avec sa grande taille (7 pieds, 2m13) et son envergure, il porte la lourde responsabilité de succéder à Shaquille O'Neal, parti deux ans plus tôt à Miami. Les Lakers embauchent même la légende Kareem Abdul-Jabbar pour jouer les mentors.

Mais entre des blessures et des performances irrégulières, Bynum oscille entre le statut d'éternel espoir et celui d'intermittent du basket trop payé pour son rendement. En 2009, en pleine rééducation de son genou, il se fait prendre en photo au Playboy Mansion, une playmette sur les épaules. Au cours de l'été, il repousse son opération afin de pouvoir se rendre en Afrique du sud pour la Coupe de monde de foot, et la presse questionne une fois de plus ses priorités.

Malgré des problèmes de ménisque, Bynum fait partie de l'équipe du double-titre en 2009 et 2010 emmenée par Bryant et Gasol. Mais c'est surtout cette année, sous les ordres du nouveau coach Mike Brown que le joueur donne la pleine mesure de son talent avec saison quasi-pleine: 60 matches joués sur 66, 18,7 points et 11,8 rebonds de moyenne. Des chiffres qui en font le 2e meilleur pivot de la ligue derrière Dwight Howard.

Le déclic au All Star Game?

Si Mike Brown n'a pas hésité à sortir immédiatement Bynum qui avait décidé de se prendre pour un shooteur à 3 points fin mars, le coach a toujours défendu son joueur. «Andrew apprend et est en train de mûrir», expliquait-il fin après une expulsion bête contre Houston.

En 2007, Bryant avait réclamé un échange de Bynum contre Jason Kidd. Plus récemment, il était encore envisagé comme monnaie d'échange contre Carmelo Anthony, Chris Paul ou Dwight Howard. Mais selon Bryant, quelque chose a «cliqué» lors du All Star Game: «On cohabitait sans vraiment se soucier l'un de l'autre. Et puis d'un coup, on s'est mis à communiquer, à passer du temps ensemble, aller au restaurant. Depuis, la mayonnaise a pris.»

Au-delà de ses bonnes performances, Andrew Bynum a peut-être déjà accompli un véritable exploit: avoir transformé Kobe Bryant en joueur d'équipe.

Avec son «big 3» en forme, voyez-vous les Lakers passer l'obsctacle OKC puis les Spurs pour aller en finale NBA?