« Je suis heureux, j'atteins mon but »

Propos recueillis par Floréal Hernandez

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Morgan Schneiderlin (au centre) a appris « à muscler son jeu » en Angleterre. ça n'empêche pas de se faire tamponner de temps en temps.
Morgan Schneiderlin (au centre) a appris « à muscler son jeu » en Angleterre. ça n'empêche pas de se faire tamponner de temps en temps. — J. BADGER / NEWSCOM / SIPA

Quatre ans que Morgan Schneiderlin, plus jeune professionnel du Racing à 17 ans, évolue à Southampton. Ce week-end, les Saints ont décroché leur montée en Premier League. La saison prochaine, le milieu récupérateur de 22 ans se frottera à Arsenal, aux deux équipes de Manchester... Son rêve de gosse.

Morgan, qu'est-ce que ça fait

de se retrouver sur une pelouse envahie par 32 000 supporters qui fêtent la montée de Southampton ?
(rires). J'avais déjà connu ça l'an passé quand on est monté de League One en Championship. On s'y attendait donc. L'arbitre devait nous prévenir dix secondes avant le coup de sifflet final pour qu'on puisse rejoindre les vestiaires. Il nous a réservé une surprise en ne nous l'annonçant pas. J'ai essayé de courir mais je suis arrivé à dix mètres du couloir pour entrer aux vestiaires. J'ai mis un quart d'heure pour faire ces dix mètres. Les gens nous embrassaient de partout. ça fait sept ans que le club n'a pas joué en Premier League. Rentrer au vestiaire a été plus épuisant que le match [contre Coventry 4-0].
En quatre ans avec les Saints, vous avez connu une relégation et deux montées. C'est un apprentissage express du métier de footballeur...
Tout à fait. J'ai été critiqué pour mon choix de signer à Southampton, car des clubs de première division me voulaient. Mais j'étais là pour acquérir du temps de jeu. Quand à la fin de la première année, le club est relégué, je n'étais pas content. Mais un nouvel actionnaire, un nouveau président sont arrivés. Ils m'ont affirmé compter sur moi pour retrouver la Premier League. Je suis à fond dans leur projet et aujourd'hui, je suis heureux, car j'atteins mon but.
Votre contrat a été prolongé jusqu'en 2014. Vous découvrirez donc la Premier League avec Southampton ?
Bien sûr. Je n'ai pas de raison de partir. Je vais réaliser mon rêve de jouer contre Arsenal, Manchester United, dans de superbes stades avec des ambiances magnifiques. Ce sera dur de se maintenir. Mais Norwich et Swansea l'ont réussi cette année, on a autant de qualités que ces deux équipes.
Depuis votre départ du Racing,

dans quels compartiments

du jeu avez-vous progressé ?
Dans tous les compartiments. A Strasbourg, on me disait que techniquement c'était bien, mais que je manquais d'impact physique, que je devais apprendre à défendre. En Championship ou en League One en tant que milieu récupérateur, je ne pouvais me faire marcher dessus, j'ai dû muscler mon jeu.