« sans les minots de l'époque, le losc ne serait plus là »

recueilli par françois launay

— 

Cavalli a été marqué par le Losc.
Cavalli a été marqué par le Losc. — E. POL / SIPA

C'est une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Avant sa période dorée, le Losc a connu la galère. Coach d'août 1995 à mars 1997, Jean-Michel Cavalli, actuellement sans emploi, a vécu ces années difficiles. Avant Lille-Ajaccio dimanche, le seul Corse qui ait entraîné à Lille et dont le fils Johan joue à l'ACA, revient sur son épopée nordiste.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage au Losc ?
Avec du recul, c'était une période charnière pour le club. Si nous étions descendus en deuxième division à cette époque-là, le club n'aurait plus existé.
Il y avait 70 millions de francs (près de 12 M€) de dettes à l'époque. On avait appelé Bernard Lecomte pour remettre le club à flots. On a lutté pendant trois ans et si le club est finalement descendu (en 1997), il avait refait surface financièrement.
Y a t-il un match qui

vous a marqué ?
Quand on a sauvé le Losc en gagnant au Parc des Princes (0-1) l'année où le PSG jouait le titre (1 996). C'est l'un des meilleurs souvenirs de ma carrière. C'est plus fort que d'avoir joué l'Argentine ou le Brésil quand j'étais sélectionneur de l'Algérie. J'en profite pour tirer un grand coup de chapeau aux minots de l'époque comme Carrez, Dindeleux ou Boutoille. Sans eux, le Losc ne serait plus là aujourd'hui.

Que pensez-vous du chemin parcouru depuis par le club ?
Je n'ai jamais douté que Lille retrouverait le plus haut niveau. C'est un club qui fait partie du patrimoine français. C'est une évolution normale pour un club qui a une telle histoire.

Comment un Corse peut

s'adapter au Nord ?
Paradoxalement, moi qui ai pas mal bourlingué dans ma carrière, Lille est l'un des endroits où j'ai eu le plus de nostalgie quand je suis parti. C'est une région qui m'a très bien reçu. Aujourd'hui si je n'ai aucun lien avec l'équipe dirigeante actuelle, il y a encore des supporters lillois qui m'envoient du courrier ou qui m'interpellent. Et ça me fait plaisir.