NBA: Oklahoma City, la petite franchise devenue grande prétendante

BASKET La meilleure équipe actuelle de la Ligue n'est pas vraiment une franchise historique mais elle profite largement du talent de deux des meilleurs scoreurs NBA du moment, Kevin Durant et Russell Westbrook...

B.V.

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Les deux stars du Thunder, Russell Westbrook et Kevin Durant, le 21 mars 2012
Les deux stars du Thunder, Russell Westbrook et Kevin Durant, le 21 mars 2012 — Sue Ogrocki/AP/SIPA

Si vous aimez passer vos vacances aux Etats-Unis, vous avez probablement visité Los Angeles, New York, la Floride ou Las Vegas. Mais certainement pas Oklahoma City. Et vous avez bien raison. Perdue au fin fond de nulle part dans la région des Grandes Plaines, au nord du Texas, cette ville d’à peine 530.000 habitants n’a rien pour elle, à part peut-être le fait d’être traversée par le célèbre Route 66. Et pourtant, dans deux mois, elle pourrait devenir capitale mondiale du basket. Pourquoi? Parce que son équipe, le Thunder, est favorite pour remporter le titre NBA. Un peu sans trop savoir comment.

Meilleure équipe actuelle de la Ligue (avec Chicago), «OKC» est en effet en train d’impressionner toute la NBA à quelques semaines du début des play-offs. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les coéquipiers de Kevin Durant ont puni les Lakers sur leur parquet (102-93), gagnant au passage leur 39e match de la saison, pour seulement 12 défaites. Pas mal, pour une équipe qui n’a que quatre ans d’existence. Car la franchise, qui existait sous le nom des Seattle Supersonics (champion NBA en 1979), a déménagé dans l’Oklahoma en 2008. Et s’y est reconstruite autour de deux jeunes stars, Kevin Durant et Russell Westbrook.

Westbrook et Durant plus forts que Jordan et Pippen?

23 ans tous les deux, un talent fou, de l’ambition, et aussi un peu d’arrogance. Pas vraiment potes, Durant et son meneur de jeu (qui n’en est pas vraiment un, selon ses détracteurs) ont enfin réussi à trouver la bonne formule pour jouer ensemble. Et ça paye, sans, pourtant, que l’alchimie soit encore parfaite. «Nous nous sommes pris le bec comme tous les autres joueurs car nous sommes compétitifs, expliquait ainsi Durant à l’automne. Mais je ne veux pas d’autre meneur, Westbrook est le joueur qu’il nous faut. On tire le meilleur de chacun à l’entraînement, on se pousse à devenir meilleurs.»

Force est de constater que ça fonctionne. Le 20 février dernier, les deux hommes ont inscrit à eux deux 91 points lors d’une victoire face à Denver. Avant d’en remettre 85 quelques jours plus tard contre Minnesota. Un exploit que seul le tandem Michael Jordan – Scottie Pippen a réalisé lors de ces 25 dernières années. Ajoutez à cela les gros bras de Serge Ibaka et Kendrick Perkins à l’intérieur, et on comprend que le jeune Thunder a l’allure d’un potentiel champion NBA, alors qu’il avait échoué l’an passé en finale de conférence face au futur champion, Dallas.

 

Fisher pour l’expérience

Et même si le coach, Scott Brooks, ne préfère pas s’enflammer - «on a joué un bon basketball toute la saison, mais ce qui nous importe, c’est de continuer à progresser», la NBA a bien compris que «OKC» était devenu le point de référence de la Ligue. Et certainement plus que les Lakers de Kobe Bryant: «Les temps changent, souriait la superstar de Los Angeles, presque résignée après la défaite de ses Lakers jeudi. Ils sont plus jeunes et ont plus d’énergie que nous.»

A tel point qu’on leur reproche même un certain manque d’expérience. Ce que devrait apporter leur dernière recrue, Derek Fisher, 37 ans, arrivé tout droit des… Lakers. «Quand tu joues pour une équipe qui a gagné le championnat, tu portes ce poids sur tes épaules car tu as la nécessité de le refaire, explique le meneur. C’est très rafraichissant de jouer pour une équipe qui n’a pas cette pression supplémentaire de résultat. On se fait juste plaisir tous les soirs sur le terrain. Etre dans une équipe aussi jeune, c’est vraiment fun.» Sûr qu’Oklahoma ne serait pas contre l’idée de jouer l’an prochain avec un peu plus de poids sur ses épaules.