Le Tour des Flandres ne fait plus le Mur

CYCLISME Le suppression du mur de Grammont fait beaucoup parler en Belgique...

Alexandre Pedro
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Le Suisse Fabian Cancellara, vainqueur du Tour des Flandres 2010, le 5 avril 2010, à Meerbek.
Le Suisse Fabian Cancellara, vainqueur du Tour des Flandres 2010, le 5 avril 2010, à Meerbek. — F.LENOIR/REUTERS

Imaginez un instant l’émoi d’un amoureux de tennis si le béton venait à remplacer la terre battue à Roland-Garros. Multipliez-le par dix et vous aurez un début d’idée du tsunami émotionnel provoqué en Belgique par la suppression du Mur de Grammont sur le Tour des Flandres. «On n’est pas loin du psychodrame national»,  confirme Jacky Durand dernier vainqueur français en 1992.

A trois jours du «Ronde», un mystérieux collectif menace même la bonne organisation de l’édition 2012  comme le révèle le quotidien flamand Het Laatste Nieuws. «J'ai appris, de très bonne source, qu'une poignée de fans de Grammont ont prévu de torpiller la course, annonce  Marnic De Meulemeester, maire  d’Audenarde nouvelle ville d’arrivée de la couse.  Ils comptent semer des punaises et des clous à deux ou trois endroits différents des derniers tours.»

«Plus dur et plus sélectif»

Mais les tenants de la tradition vont devoir se faire une raison. Avec une arrivée déplacée de Meerbeke à Audenarde, le Mur risque de ne plus voir un cyclise rouler sur ses pavés avant 2018. Sans son ancien juge de paix, la classique la plus effrayante (avec Paris-Roubaix) n’est pas devenue une ballade pour cyclotouriste du jour au lendemain. Bien au contraire selon Jacky Durand. «Le parcours va être beaucoup plus dur et sélectif avec le Vieux Quaremont et le Paterberg à grimper trois fois dont deux dans le final, prévient le consultant Eurosport.  On n’aura plus un peloton de 80 coureurs au pied de Grammont comme on pouvait parfois le voir. Avec ce parcours, je ne vois pas comment un outsider comme Nick Nuyens l’an dernier pourrait avoir sa chance.»

Même le «Lion des Flandres» en personne, Johan Museeuw, ne s’offusque pas de suppression de la montée où il a forgé ses trois succès en 1933,1995 et 1998. «La disparition du Mur est émotionnellement lourde, admet le Belge au journal La Dernière Heure, mais il faut pouvoir tourner la page et se réjouir que les spectateurs aient la possibilité de voir passer les coureurs trois fois dans certaines difficultés.» Et si jamais l’enfant du pays, Tom Boonen, lève les bras dimanche aux alentours de 17h, la polémique risque d’être engloutie sous quelques milliers d’hectolitres de bière. Flamande bien sûr.

Pour les nostalgiques, il reste toujours la vidéo du démarrage de Fabian Cancelarra en 2010 (sans lever les fesses de la selle) dans Grammont. Tom Boonen s’en souvient encore.