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Anthony Pannier décroche les JO «après un tour du monde à la nage»

Anthony Pannier décroche les JO «après un tour du monde à la nage»

NATATIONQualifié sur le 1.500m, l'élève de Philippe Lucas a réalisé le rêve de son père...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

«Je suis sur un nuage et je n’ai pas envie d’en redescendre.» Anthony Pannier a encore des trémolos dans la voix au lendemain de sa qualification sur 1.500m pour les JO de Londres. «Mon père m’en parle depuis 2000», raconte à 20 Minutes le nageur de 23 ans licencié à Sarcelles.

Ce père qui lui a «appris à nager à trois ans et [l]’a toujours entraîné», ce père en larmes et à genoux au bord de la piscine de Dunkerque submergé par l’émotion. «Il extériorise les choses. Quand je vois certains entraîneurs noter les temps de leurs nageurs sur l’ordinateur pendant une course qualificative pour les JO, j’ai du mal à comprendre. Ces moments-là, il faut les vivre à fond.»

Pour vivre son rêve olympique, Anthony Pannier a pourtant quitté le giron paternel pour Philippe Lucas, mais d’un commun accord. «Il ne pouvait pas m’emmener aux Jeux. Il savait que je devais aller voir ailleurs», explique celui qui a avalé 45.000 kilomètres en dix ans, «soit un tour du monde à la nage».

«Philippe m’a beaucoup aidé dans ma vie»

Avec l’homme au débardeur jaune, l’alchimie opère tout de suite et pas seulement parce que Lucas sait pousser ses poulains dans leurs derniers retranchements à l’entraînement. «On dit de Philippe qu’il est dur, mais je ne trouve pas qu’il le soit plus que les autres coachs, défend Pannier. De l’extérieur, on ne voit pas tout ce qu’il peut apporter à un nageur hors du bassin. Il m’a beaucoup aidé dans ma vie, quand j’ai eu des problèmes familiaux.»

Epanoui dans l’eau et heureux dans la vie depuis sa rencontre avec Marine («elle m’a beaucoup aidée, je ne serais pas là sans elle»), Anthony Pannier aborde les Jeux de Londres sans se fixer ni objectif ni barrière. «Le plus dur est derrière moi, j’ai encore quatre mois pour travailler à fond.» Et passer sous la barre mythique des 15 minutes, dont son père a sans doute dû lui parler.