Championnats de France: L'Agnel s'est transformé en loup

NATATION Vainqueur du 100m, le nageur de 19 ans a maté tous les cadors...

Romain Scotto, à Dunkerque

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Le nageur français Yannick Agnel, à l'arrivée du 100m des championnats de France de natation de Dunkerque, le 22 mars 2012.
Le nageur français Yannick Agnel, à l'arrivée du 100m des championnats de France de natation de Dunkerque, le 22 mars 2012. — M.Libert/20Minutes

Finalement, les «muscles de gorille» et les années d’expérience ne servent pas à grand-chose. A voir Yannick Agnel filer comme une anguille dans la piscine de Dunkerque et laisser dans son sillage tous les gros bras du 100m, il faut croire que la souplesse et la fraîcheur servent encore à gagner des titres. A 19 ans, le nageur niçois a laissé derrière lui tous les cadors d’une course qui lui assure un deuxième billet pour Londres, après celui du 200m, cueilli en début de semaine.

En un aller retour conclu en 48’02 devant Fabien Gilot, l’échalas a donc «réussi son pari». Celui de faire l’impasse sur le 400m où un bel avenir l’attendait, pour se recentrer sur les épreuves de sprint. Cette victoire ne fait pourtant pas de lui un sprinter dans l’âme. «Le 200m reste sa course préférée», souffle le jeune loup assommé par la fatigue au point de piquer du nez en chambre d’appel.

«Comme un gamin qui joue au foot pendant la récré»

Pour avancer, le trouble-fait applique souvent le même plan. La natation reste pour lui un jeu, qui ne mérite pas d’être pris trop au sérieux, même s’il passe entre six et huit heures chaque jour dans l’eau. Pour l’expliquer, son coach Fabrice Pellerin verse dans un vocable mystique: «Il a une petite voix en lui. Yannick est dans une quête intérieure. Réaliser une performance n’est pas l’occasion de passer à la télévision pour lui. Il a le goût de l’effort, il aime transpirer, challenger l’autre. Il s’éclate. Comme un gamin qui joue au foot pendant la récré.»

Sa prochaine cour de récré justement, se situe de l’autre côté de la Manche. Le Niçois s’y rendra avec une seule ambition: «La meilleure possible, médaille d’or, même si sur le 100m, je dois être réaliste, il y a quelqu’un (l’Australien Magnussen) à une seconde de nous.» Avant de le croiser et de rêver d’une finale, le 31 juillet prochain, Agnel poursuivra son cycle de travail en mettant l’accent sur les départs et les phases de coulées, ses deux points faibles. Tout cela sans oublier de s’amuser. Une sorte de jeu avant les Jeux.