Football : le Mondial 1978, «c'était le club Med»

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Cent quarante-sept minutes mémorables. Malgré une élimination au premier tour, Jean-Paul Bertrand-Demanes (54 ans) conserve un bon souvenir du Mondial 1978 disputé en Argentine. « Après l'Italie [défaite 1-2], je me rappelle de notre entrée sur le terrain à Buenos-Aires face au pays organisateur [défaite 1-2]. Tous ces papiers qui volaient, c'était vraiment très, très impressionnant ! »

L'emblématique gardien du FC Nantes, corecordman avec Henri Michel du nombre de matchs disputés sous le maillot jaune et vert (532), en oublierait presque son plongeon sur le poteau à la 57e, synonyme de sortie sur blessure. « Sur le coup, j'ai vraiment eu mal, se remémore l'intéressé, qui honorait alors sa onzième et dernière sélection. Des journalistes allemands et espagnols m'ont même annoncé mort ! Vous auriez vu leur tête quand, quatre jours plus tard, ils m'ont croisé en tribune pour l'ultime confrontation devant la Hongrie (3-1). Aujourd'hui, j'en garde des séquelles. Je souffre un peu du dos. »

Les bons côtés priment néanmoins. « La France n'ayant pas participé à la Coupe du monde depuis 1966, c'était le club “Med”. Lors d'un retour d'entraînement, on s'était ainsi arrêté devant un magasin de cuirs pour faire plaisir aux femmes de dirigeants. De même, une fois éliminés, on était tous partis en vacances au Brésil. On s'est bien marré. Enfin, certains rigolaient moins du fait de la présence de leur femme... »

« Le Grand » semble intarissable sur ce Mondial 1978. « Avant l'épreuve, on s'interrogeait sur le fait d'aller ou non en Argentine car elle vivait sous une dictature militaire. Dans la crainte d'éventuels actes terroristes, nous [les joueurs] avions tous un gendarme posté devant notre domicile. Quand je croisais le gars, on discutait football. Il a dû être mon premier fan ! »

Pascal Rouyer