Championnats de France: Laure Manaudou, sans Londres d'un doute

NATATION La Française disputera ses troisièmes Jeux olympiques, l'été prochain...

Romain Scotto, à Dunkerque

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La nageuse française Laure Manaudou, lors des championnats de France de Dunkerque, le 20 mars 2012.
La nageuse française Laure Manaudou, lors des championnats de France de Dunkerque, le 20 mars 2012. — REUTERS

Ce n’est pas le chlore de la piscine Asseman mais bien l’émotion qui rougit les yeux de la championne. En pleurs après un 100m dos qui lui assure un premier billet pour les Jeux de Londres, Laure Manaudou est vite tombée dans les bras de son compagnon, Frederick Bousquet, devant un comité d’accueil composé des membres du Cercle de Marseille. Dans la paume de sa main se cache le nom de sa fille, Manon, inscrit au marqueur noir, comme pour inclure tous ses proches dans ce moment de joie. Tous ceux pour qui elle se bat depuis plusieurs mois et à qui elle avait à cœur de prouver qu’elle «ne lâcherait pas», après une grossesse et deux ans de retraite.

A 25 ans et demi, la championne olympique d’Athènes disputera bien ses troisièmes JO l’été prochain. L’occasion pour cette athlète retrouvée d’effacer le souvenir désastreux de Pékin en abordant les choses «plus sereinement». Au fond, il faut remonter cinq ans en arrière pour la voir aussi heureuse à la sortie d’une piscine, la médaille autour du coup et le sourire en bandoulière. «Ça remonte à longtemps. Je pense que c’était en 2007… Je ne vais pas dire que cette qualification vaut l’or olympique mais c’est un soulagement.»

«Elle a fait le plus dur»

Vu les temps réalisés par Manaudou sur la distance, personne n’est vraiment étonné par l’issue de ce retour gagnant. «Elle a gagné en championne. Elle se met devant les autres et elle contrôle», note Philippe Lucas, son ancien mentor. Richard Long, l’entraîneur qui la suit à Auburn parle juste de «bon boulot. Elle a fait le plus dur. Ce sera plus facile pour elle de retourner à l’entraînement. Elle est très confiante.» Pour viser un nouveau ticket sur 200m dos, samedi soir, la championne olympique d’Athènes est déjà déchargée d’une bonne dose de pression.

De son propre aveu, les minimas la stressaient ces derniers jours. Mais dans l’eau, la nageuse a impressionné, même s’il reste quelques éléments à fignoler: «Je fais une arrivée de merde entre guillemets. J’ai ressenti un peu de douleur sur la fin, mais le plus dur est fait.» Il lui reste maintenant quatre mois pour se remettre de cette émotion à Auburn, où un dernier cycle d’entraînement l’attend. Elle pourra alors «se poser avec son coach», discuter pour définir un nouvel objectif olympique. Pour l’instant, personne n’ose parler de médaille. Mais la vie de celle qui a déjà goûté à l’or n’en est pas à son premier rebondissement.