Christophe Lemaitre: «Je ne veux pas me griller pour les Jeux en m'éparpillant sur le 100m et le 200m»

ATHLÉTISME hristophe Lemaitre évoque sa préparation avant les Jeux olympiques...

Recueilli par Julie Lévy-Marchal

— 

Christophe Lemaitre célèbre sa médaille de bronze au 200 m gagnée aux championnats du monde de Daegu en septembre 2011.
Christophe Lemaitre célèbre sa médaille de bronze au 200 m gagnée aux championnats du monde de Daegu en septembre 2011. — Michael Dalder/ REUTERS

Christophe Lemaitre, avec la timidité qu’on lui connait, donne ses impressions sur son état de forme et ses objectifs pour les courses à venir avant les Jeux.

Quels souvenirs avez-vous des différents meetings Areva depuis 3 ans?

La super bonne ambiance au Stade de France. Courir au plus grand meeting de France, c’est toujours particulier et je me souviens d’avoir baigné dans une bonne atmosphère. J’ai toujours eu envie de revenir à chaque fois.

Comment aborde-t-on une compétition aussi difficile un mois avant les JO?

Ça permet de se jauger par rapport aux autres mondiaux. Il devrait y avoir Yohan Blake et Tyson Gaye, de quoi évaluer ce qu’on vaut sur 100 m.

Comment vous entrainez-vous actuellement?

Je fais deux séances par semaine, je progresse un peu, mais lentement. Je travaille le foncier et l’athlétique.

Est-ce une période difficile, une fois que les compétitions indoor sont finies?

Non. J’ai eu une semaine de repos, et depuis, on a repris l’entrainement intensif. Maintenant je pense au stage du club en avril au Cap d’Agde.

Qu’avez-vous travaillé depuis un an?

J’ai trouvé que j’avais fait un bon 100m à l’Areva l’an dernier. Après il y avait eu des problèmes techniques qui n’étaient pas forcément évidents. J’ai beaucoup travaillé car techniquement je n’avais pas les pointes de pieds relevés. J’ai aussi beaucoup travaillé les virages pendant le stage à Miami l’an dernier et je crois que ca s’est vu à Daegu (Championnats du monde, médaille de bronze et record de France du 200m, et médaille d’argent en relais 4x100m). J’étais vraiment perfectible partout avant Daegu.

Votre coach, Pierre Carraz, prétend que vous avez aussi beaucoup progressé cet hiver, malgré les chronos où vous n’avez pas battu de records personnels…

Je pense avoir progressé. Après au milieu de la saison, je n’étais pas dans la forme dans laquelle j’aurais aimé être. Tout le travail que j’avais fait en amont m’avait fatigué, je pense. Mais j’ai progressé dans les départs, et beaucoup au niveau de la gestuelle. Visuellement, mes courses sont beaucoup mieux. Techniquement, c’est clair que je suis en progression notamment au niveau de la qualité de ma foulée, du travail du pied…

Avez-vous évolué dans votre tête, avez-vous gagné en sérénité?

J’ai gagné en maturité, c’est sûr, grâce à l’expérience mondiale de Daegu que j’ai vécue à fond, contrairement à Berlin où ca s’était arrêté prématurément. Ces Mondiaux m’ont confirmé le potentiel que j’avais.

Quel est votre programme avant les JO?

Les Interclubs chez moi à Aix-les-Bains, les championnats d’Europe à Helsinki, La France avec le meeting d’Areva au Stade de France, et peut-être un autre meeting avant les JO, mais on ne sait pas encore quoi.

Sur quelles disciplines allez-vous vous aligner sur les Europe?

Normalement 100 m et 4x100m. Je ne veux pas me griller pour les Jeux. Si je cours en 200, je me grille, les délais sont trop courts entre les courses. Je n’ai pas de regret de ne pas pourvoir conserver mon titre sur 200, c’est l’année des JO, il y a des choix à faire, je ne peux pas me permettre, même si ma course de cœur est sur 200, de m’éparpiller dans trop de disciplines.

Quels sont vos objectifs aux championnats d’Europe?

C’est la première fois qu’ils sont la même année que les JO. Là encore, l’Europe n’est pas la priorité et si j’arrive 2e ou 3e, ca ne sera pas un drame. Mais je pars quand même pour conserver mes places sur 100 et 4x100m.

Par conséquent, vous ne vous présenterez qu’en 100m aux JO?

Non, ce n’est pas encore décidé. Ça dépendra des bilans mondiaux et de la discipline où j’ai le plus de chance de faire une médaille. Si la décision devait se prendre aujourd’hui, je ne courrai qu’une seule discipline. Comme c’est les Jeux, je veux faire quelque chose et on va choisir la discipline la plus pertinente pour le podium.

En parlant de podium, vous commencez à avoir une sérieuse concurrence en sprint avec Jimmy Vicaut et Emmanuel Biron.

Au contraire, c’est bien. Et c’est une super bonne nouvelle pour le relais. Il faut voir loin. Il faut quand même avouer qu’on a un super collectif en sprint en France. Il y a les jeunes qui arrivent, l’équipe type (celle du relais, Teddy Tinmar, Yannick Lesourd,  Jimmy Vicaut et Christophe Lemaitre) plus l’expérience de Ronald [Pognon]. C’est un collectif complet dans tous les secteurs, c’est bien.