Championnats de France: Ce qui a changé chez Laure Manaudou

NATATION La jeune maman reconnaît qu'elle n'est plus la même depuis quatre ans...

Romain Scotto, à Dunkerque

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La nageuse française, Laure Manaudou lors d'un entraînement au Cercle des nageurs de Marseille, le 10 septembre 2011.
La nageuse française, Laure Manaudou lors d'un entraînement au Cercle des nageurs de Marseille, le 10 septembre 2011. — K.Villalonga/Sipa

Ce n’est pas une «nouvelle» Laure Manaudou, mais juste «une fille qui a muri». Sans verser dans l’introspection, la revenante des bassins se prête volontiers au jeu des sept différences, à l’heure de replonger lundi dans un bassin avec une qualification olympique en ligne de mire…

Sa vie. Finis les changements d’entraîneurs, de villes et de petits-amis tous les trois mois. A 25 ans, Laure Manaudou est une jeune maman épanouie, installée depuis trois ans à Auburn aux Etats-Unis, où elle a suivi Frédérick Bousquet son compagnon. De son propre aveu, la naissance de sa fille, Manon, lui a apporté la maturité qui lui manquait. Son nouvel environnement lui convient aussi beaucoup plus. Au côté de Brett Hawke, son nouveau coach, elle n’est plus La star d’un groupe, «mais juste une nageuse parmi d’autres.» Dans un anonymat qu’elle ne connaissait pas, la Française revit et ne considère plus la presse et le public «comme une agression. Je ne suis pas quelqu’un qui fuit», clame la nageuse qui, de ce point de vue-là, n’a pas grand-chose à voir avec la star traquée de 2008.

Son mental. Derrière ce nouveau sourire, sommeille toujours une championne accomplie. Avant même de plonger à Dunkerque, elle refuse d’envisager l’idée d’un éventuel échec. Encore moins les larmes qui vont avec. A l’entendre, une contre-performance n’aurait pourtant rien de traumatisant. «En France, je faisais ça par obligation. Maintenant, c’est un jeu, je ne me prends pas la tête sur le fait de réussir ou échouer», souffle la jeune mère pour qui la natation n’est plus qu’un «passe-temps pour se faire plaisir.» Frédérick Bousquet assure qu’il a rarement vu Laure ne pas sourire au cours d'une journée. «On passe beaucoup de temps à l'entraînement à rigoler parce qu'on est en train de faire ce qu'on aime. Elle est heureuse. Il ne faut pas oublier pourquoi on a décidé de nager au départ: ce n'est pas pour se dire que notre vie en dépend. On a débuté la natation parce qu'on a aimé ce sport et qu'on l'aime toujours.» Surtout quand il y a une médaille au bout.

Sa nage. Engagée sur quatre distances, l’ancienne élève de Philippe Lucas reste une dossiste de premier plan. Le 100m et 200m dos sont ses deux priorités. Si elle en a l’envie, elle se testera aussi sur 50m dos et 200m nage libre. Il y a quelques années, l’enchaînement des courses ne lui aurait pas posé de souci. Seulement l’athlète d’aujourd’hui avale moins de kilomètres à l’entraînement et semble un peu moins puissante. Ses séances sont plus qualitatives – elle développe une nouvelle technique de nage, les bras plus tendus –, même si la reprise fut pénible au moment d’effacer les vingt kilos de sa grossesse. «J’ai beaucoup pleuré, je me suis posé des questions. Puis j’ai vu que ça revenait un peu. Ça m’a encouragé.» Et à raison de neuf séances hebdomadaires, la championne s’est logiquement (re)façonné un corps d’athlète.