Championnats de France: Le retour de Laure Manaudou vu par ses rivales

NATATION La présence de la championne olympique change la donne pour la plupart des nageuses...

Romain Scotto, à Dunkerque

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La nageuse française Laure Manaudou, lors d'un entraînement à Auburn, aux Etats-Unis, le 30 décembre 2011.
La nageuse française Laure Manaudou, lors d'un entraînement à Auburn, aux Etats-Unis, le 30 décembre 2011. — Sipa

Pas besoin pour elle d’enfiler un maillot de bain. La seule présence de Laure Manaudou au bord du bassin de Dunkerque est une attraction qui intrigue et pousse certains à parler tout bas. Placardée sur tous les panneaux de présentation des championnats de France, la nageuse licenciée au Cercle de Marseille a bien du mal à minimiser «l’effet» de sa venue.

Mis à part Camille Muffat qui se hérisse souvent à l’évocation du nom de la revenante, toutes ses adversaires sont excitées à l’idée de croiser son chemin. «Il y a quelque chose en plus quand elle est là. Toucher devant une championne olympique, ça fait quelque chose», anticipe déjà Coralie Balmy qui avait mis fin à quatre ans d’invincibilité de Manaudou sur 400m dans ce même bassin il y a quatre ans, lui arrachant même quelques larmes prémonitoires. Cette semaine, Balmy pourrait affronter sa rivale sur le 200m nage libre. Mais avant cela, l’exilée d’Auburn doit lancer sa compétition lundi matin en séries du 100m dos, l’une des distances qui pourrait bien lui assurer un ticket pour les Jeux.

Une adversaire de choix pour Castel

En fait, personne ne doute de ses capacités, à Dunkerque. Si elle nage à son niveau, l’ancienne élève de Philippe Lucas prendra l’Eurostar au mois d’août. Quatre ans après, elle reste «une très grande nageuse», glisse Alexianne Castel, l’autre tête d’affiche des épreuves de dos, qui prend la présence de Manaudou comme «une source de motivation supplémentaire.» Championne du monde en petit bassin, Castel y voit avant tout un moyen d’améliorer ses propres temps. Avec une telle nageuse à ses côtés, la Toulousaine ne finira plus les courses en solo avec un demi-bassin d’avance. «Pour aller chercher un chrono, c’est toujours mieux d’être à la bagarre avec quelqu’un.»

Du haut de ses dix-sept ans, Charlotte Bonnet regarde encore la championne avec de grands yeux, même si elle refuse l’étiquette de «fan de». Pour la jeune Niçoise, la maman de 25 ans reste «la fille qui a tiré la natation au plus haut niveau en réalisant de grandes choses. A (son) âge, elle ne se posait pas la question de savoir si elle allait aller aux Jeux.» Elle s’endormait même déjà avec une médaille d’or olympique sous l’oreiller.