Delplanque, scout toujours

David pHelippeau

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Carl Delplanque faisait partie de la génération Makelele, Ziani ou Pedros.
Carl Delplanque faisait partie de la génération Makelele, Ziani ou Pedros. — F. Elsner / 20minutes

Pour le journaliste scientifique Michel Chevalet, « comment ça marche ? » Pour Carl Delplanque, c'est plutôt « comment gagner ? » Ce Nantais pur beurre de 38 ans, doté du diplôme d'entraîneur BE2-DEF, est superviseur ou scout depuis trois ans pour le club de Boulogne-sur-Mer (Ligue 2), qui sera à la Beaujoire ce vendredi soir (20 h). Ses missions ? « Je détecte des jeunes, je croise les regards avec mon club sur certains joueurs repérés et je fais des rapports sur les adversaires », résume Delplanque. Plus de 40 000 bornes par an à sillonner les routes du grand ouest.
« Les destinations ne sont pas toujours glamour, avoue-t-il. Parfois, il faut mettre le GPS pour trouver certains stades. Je couvre des matchs de la Ligue 1 à la DH… » Depuis quinze jours, Carl Delplanque planche sur le FC Nantes. Il a supervisé les Canaris contre Le Havre, à la Beaujoire, et au Mans, mardi. Il a déjà rendu son rapport. Plus de quatre heures de boulot sur le logiciel Scout7 (une base de données sur tous les joueurs du monde entier). Boulogne a son compte. Chaque scout aussi. « Le rapport est le travail le plus exigeant », souffle celui qui a été pensionnaire de la Jonelière de 1989 à 1994, mais qui n'a jamais eu la chance de parapher un contrat professionnel.
Le rapport est méthodique, précis, presque exhaustif. Composition d'équipes, mise en place de système de jeu, contexte du match, animation défensive et offensive… « Comment agit le FC Nantes quand il a le ballon ?, énumère Carl, qui aimerait pratiquer cette activité secondaire à temps plein. Comment les mettre en danger ? A ne pas faire face à eux ? » Sans compter les analyses pointues des coups de pied arrêtés, la réaction des gardiens sur les penalties, les profils de chaque joueur.
« Il faut tout ça, car les matchs se jouent souvent sur des détails, estime cet éducateur sportif en école spécialisée. Le plus important est de faire passer le message. » Cette semaine, les joueurs de Boulogne ont retrouvé le fruit du travail de Carl synthétisé sur un grand paper-board. « La vidéo est nécessaire, mais pas suffisante, selon lui. Par exemple, sur un corner, tu vois en vidéo qui est dans la surface, mais pas qui reste derrière… Le rapport complète la vidéo. » Et les failles des Canaris alors ? Silence. Comme tout bon espion, Carl travaille dans la confidentialité…