Emmanuel Biron à toute vitesse

Stéphane Marteau

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A un centième près, il a failli créer une énorme sensation il y a deux semaines à Aubière lors des Championnats de France en salle. Deuxième de la finale du 60 m, Emmanuel Biron a été devancé sur le fil par le champion du sprint français, Christophe Lemaitre. « J'étais devant jusqu'aux 50 m et cela m'a un peu déstabilisé », reconnaît-il. Mais le sociétaire de l'Entente Sud Lyonnais s'est consolé en explosant son record personnel (6''60) et en validant son billet pour les Mondiaux en salle qui débutent demain à Istanbul. « C'est la cerise sur le gâteau. Je me dis que je ne me suis pas entraîné pour rien », nous a-t-il confié avant de s'envoler pour la Turquie où il tentera « d'accéder aux demi-finales et d'améliorer (son) record ».
En l'espace d'un an, il a déjà abaissé son chrono de 14 centièmes. Une progression « énorme » qu'il met sur le compte d'une « prise de conscience. » « Auparavant, j'avais du mal à croire en mon potentiel de sprinteur », souligne-t-il. En octobre dernier, à son retour des Mondiaux de Daegu où il dut se contenter d'une place de remplaçant dans le relais 4 x 100 m médaillé d'argent, Emmanuel Biron a décidé de délaisser provisoirement le saut en longueur pour se consacrer exclusivement au sprint. « Jimmy Vicaut, dont on ne parle pas assez, m'a permis de croire un peu plus en moi. Il m'a convaincu que j'avais une carte à jouer compte tenu de mes qualités d'explosivité au départ. Je me suis donc dit que je pouvais être le troisième homme derrière Christophe [Lemaitre]et Jimmy. » Car Emmanuel Biron voit plus loin que sa saison hivernale. Son ambition est désormais de participer à titre individuel aux JO de Londres où il espère fêter son 24e anniversaire. « Mon record personnel (10''29) n'est pas révélateur. Avec la confiance que j'ai emmagasinée cet hiver, je pense pouvoir réaliser les minima qui ont été fixés à 10''08.» Cela pourrait aussi lui offrir une place de titulaire dans le relais français. « L'an dernier, j'ai eu du mal à comprendre la décision des managers alors que j'avais rempli toutes les conditions en participant à tous les rassemblements et en figurant parmi les six meilleurs français, souligne-t-il. Cette fois, je n'ai pas envie de laisser passer ma chance. »