WILKO, toujours aussi tranchant

Alexandre VAU

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Jonny Wilkinson devait être absent jusqu'à la mi-mars. Il est déjà revenu, et a de nouveau été l'homme providentiel.
Jonny Wilkinson devait être absent jusqu'à la mi-mars. Il est déjà revenu, et a de nouveau été l'homme providentiel. — J-P. PELISSIER / REUTERS

Une poche de glace attachée au genou, une autre sur la cheville. Il y a trois semaines, quand le numéro dix de Toulon quitte prématurément la pelouse de Saint-Denis face au Stade Français, on se dit que l'Anglais va en avoir pour un moment. Rapidement, le couperet tombe. Deux à trois semaines d'indisponibilité. Si bien que vendredi dernier à Mayol, les Montpelliérains ne s'attendent pas à voir apparaître l'ange blond sur le terrain. « De toute façon, il avait déjà commencé à s'entraîner dans la semaine », confie le médecin du club, Jean-Baptiste Grisoli. Et quand le deuxième meilleur marqueur de l'histoire du rugby a quelque chose en tête, difficile de le raisonner. C'est donc amoindri, la cheville strappée, que l'ouvreur enquille les pénalités et donne la victoire au RCT, dont 14 points du joyau de Sa majesté. Le docteur des Rouge et Noir et du XV de France, lui, n'est même pas surpris. « Les meilleurs ont tous quelque chose en plus. Jonny, c'est son mental. »

« Il ne se plaint jamais »
Quand Wilkinson débarque sur la rade en 2009, il sort tout juste d'une période difficile, marquée de plusieurs blessures graves. « Peu de joueurs s'en seraient remis », assure Jean-Baptiste Grisoli, qui s'étonne de ne pas le croiser à l‘infirmerie. « Il ne se plaint jamais. ne sort pas, ne boit pas, ne fume pas. Jonny, c'est un exemple pour l'équipe. » D'ailleurs, quand ses coéquipiers filent à la douche après l'entraînement, le buteur toulonnais prolonge la séance face aux perches, pendant au moins une heure. La peur de perdre son adresse légendaire, aussi bien du pied droit que du gauche, son bon pied. A maintenant 32 ans, le champion du monde 2003 ne s'économise pas. C'est son club qui est obligé de le freiner. Pas de déplacement à Perpignan donc ce week-end. « Mais il fera du physique ! » Le doc lui est prêt à parier.

Vacances forcées

Même s'il a envie d'en découdre à Perpignan ce week-end, contre qui il sort de H-Cup l'an dernier, le staff médical toulonnais lui a imposé de rester au repos.