Le Judo niçois en pleine Guerre froide

Erwan Rousseau

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Mohamed Otmane (à gauche) et Michel Carrière ne sont pas sur la même longueur d'ondes.
Mohamed Otmane (à gauche) et Michel Carrière ne sont pas sur la même longueur d'ondes. — J.C. MAGNENET / ANP / 20 MINUTES

Joutes au sommet ce week-end ! Samedi, l'Olympic judo Nice (OJN) organise pour la 4e année consécutive son tournoi par équipes. Plusieurs grandes écuries françaises et européennes seront représentées, avec notamment des clubs venus du Portugal, d'Espagne, d'Allemagne. Mais aucune chance pour les spectateurs d'assister à la rencontre tant attendue entre les deux clubs phares de Nice, classés 3e ex-aequo du dernier championnat de France. Comme on pouvait s'y attendre, le Nice Judo (NJ) a décidé de ne pas y participer… « Nous avons d'autres priorités », tranche Michel Carrière, directeur technique du NJ. Ce boycott illustre la tension entre ces deux structures qui pèsent lourd dans le monde du judo, avec environ 500 licenciés pour l'OJN et 300 pour le NJ. Chacun revendique une politique bien différente. A l'Olympic Judo Nice, tout a été mis en œuvre depuis plusieurs années pour attirer des compétiteurs venant de différents clubs.

Deux visions différentes
Sofiane Milous (Paris) et Loic Pietri (Monaco), pressentis pour participer aux Jeux olympiques de Londres cet été, en sont de parfaits exemples. Peu du goût de Michel Carrière, directeur technique du Nice Judo : « La plupart de leurs compétiteurs n'ont pas grandi dans ce club et ne s'y entrainent jamais », dénonce-t-il. « Au Nice Judo, depuis plus de dix ans, nous réalisons chaque année dans les catégories de jeunes au moins un podium aux championnats de France par équipes… et tous nos judokas ont commencé au club dès l'âge de 4-5 ans », souligne Michel Carrière, qui lui n'aura aucun représentant à Londres. A l'OJN, ces « débauchages » de sportifs sont clairement assumés par Mohamed Otmane, directeur technique du club. « Ce qui n'empêche pas un réel effort de formation », ajoute le coach. « Nous avons été champions de France par équipes cadets l'année dernière », rappelle-t-il. La ville de Nice avait espérer un temps fusionner ces deux clubs... dont les dirigeants semblent définitivement irréconciliables.