Le Top 14, une mauvaise préparation au Tournoi des VI Nations?

RUGBY Philippe Saint-André a stigmatisé le temps de jeu effectif du championnat de France, bien inférieur à celui des autres championnats...

B.V.

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Thierry Dusautoir félicite Welsley Fofana après son essai contre l'Italie, le 4 février 2012 au Stade de France.
Thierry Dusautoir félicite Welsley Fofana après son essai contre l'Italie, le 4 février 2012 au Stade de France. — B.Tissier / REUTERS

Il suffit parfois d’un simple instrument pour vous dévaloriser tout un championnat. Un GPS, utilisé à l’entraînement par l’équipe de France, et qui montre qu’«aujourd’hui, on a des joueurs qui auront du mal à tenir 80 minutes». Face à une équipe d’Ecosse, qui a l’habitude d’envoyer du jeu plus que de raison, Philippe Saint-André craint en effet que ses hommes soient dépassés par le rythme, dimanche. La faute au rugby trop restrictif du Top 14, qui n’habitue pas les Français à des rencontres de très haut niveau? «Je n’irai pas jusque là, tempère Aurélien Rougerie, mais c’est vrai qu’en France, c’est peut-être un jeu un peu plus haché. Lors du tournoi ou de la H-Cup, tout va plus vite. C’est d'un niveau au-dessus, il faut courir plus vite et plus longtemps.»

Son sélectionneur, lui, ne tire aucune conclusion mais préfère se baser sur des statistiques: «Lors de Stade Français-Toulon, ce week-end en Top 14, le temps de jeu effectif était de 26 minutes, justifie PSA. Pendant Ecosse-Angleterre, il était de 46.» En clair, le ballon est deux fois plus longtemps «en vie» lors d’un match du tournoi des VI Nations qu’en Top 14. Ce qui explique pourquoi, malgré un match plutôt facile, plusieurs Français ont souffert de crampes face à l’Italie lors de l’ouverture du tournoi.

Accumulation de matchs et arbitrage

L’arrière du Stade Toulousain, Maxime Médard, confirme: «Les deux jeux sont différents parce que lors du tournoi, tous les joueurs qui sont là sont les meilleurs et ont envie de montrer quelque chose, mais aussi parce que la préparation n’est pas la même. Là, on est là pour quelques matchs, alors qu’en Top 14, on se prépare pour un marathon.» En cause donc, l’accumulation des matchs du championnat français, obligeant les équipes à «gérer» leur physique et à préférer le jeu au pied d’occupation.

Mais pas que. En vieux briscard qu’il est, Julien Bonnaire avance aussi une autre explication, les zones de rucks: «En France, elles sont moins propres, il y a toujours un mec couché au milieu pour ralentir la sortie du ballon. Au niveau international, l’arbitre ne laisse pas passer ça et le jeu rebondit plus vite…» Surtout chez les Ecossais, réputés pour être très efficaces dans ce secteur de jeu. «Il va falloir courir partout, conclut le troisième ligne clermontois. Ça va piquer.»