Le nageur américain Michael Phelps, lors d'un entraînement à New-York, le 27 septembre 2011.
Le nageur américain Michael Phelps, lors d'un entraînement à New-York, le 27 septembre 2011. — M.Segar/REUTERS

INTERVIEW

Michael Phelps: «Je n'ai pas besoin de 10.000 calories par jour»

Le nageur aux 14 titres olympiques fait le point sur sa préparation à six mois des Jeux de Londres...

Jusqu’aux Jeux l’été prochain, Michael Phelps a encore quelques semaines pour se hisser à son meilleur niveau. L’Américain, qui a légèrement marqué le pas ces dernières années, a retrouvé son appétit à l’approche de son dernier rendez-vous olympique. Pour finir en beauté une carrière marquée par ses 14 médailles d’or aux JO, le plus grand nageur de tous les temps entend bien compléter sa collection de quelques nouveaux titres. Quatre, cinq, six, ou plus? Comme pour les vendanges, difficile d’anticiper la récolte. Entre deux sollicitations sponsoring (il est notamment le nouvel ambassadeur d’Head & Shoulders), l’homme poisson a répondu aux questions de 20 Minutes…

Michael Phelps, les Jeux débutent dans six mois. Où en êtes-vous de votre préparation?

Honnêtement, je me sens pas mal. Il y a déjà eu les championnats du monde l’année dernière (à Shanghai). J’apprécie vraiment le fait de m’entraîner, de voyager et de me préparer pour être dans une forme optimale. Je prends beaucoup de plaisir. J’ai beaucoup attendu cette année olympique et à l’heure qu’il est, nous sommes vraiment contents de la tournure que prend la préparation [qui commencera par un stage d'entraînement dans le Colorado, pendant trois semaines].

Vous êtes donc dans les temps par rapport aux précédentes saisons olympiques?

En fait, les choses sont assez différentes. Aujourd’hui, je suis plus âgé, plus mature qu’à cette époque-là. Je suis dans une forme décente. J’espère retrouver ma forme de 2008, qui était la meilleure de ma vie. J’essaye de me préparer du mieux que je peux, et nous faisons tout pour arriver dans les meilleures dispositions à Londres et atteindre les objectifs que mon coach et moi nous sommes fixés. Mais le passé, c’est le passé.

Avez-vous programmé vos courses en fonction de celles de vos adversaires? Avez-vous le souci de ne pas trop vous dévoiler avant les Jeux?

Au cours de ma carrière, je n’ai jamais vraiment montré ce que j’allais faire ou comment j’allais nager. La question ne se pose pas vraiment dans la mesure où j’ai toujours été quelqu’un de très réservé et que cela ne changera pas. En fait, je pense que mon coach et moi-même sommes les seuls responsables de ce qu’il se passera ou de ce qu’il ne se passera pas. Nous seuls avons les cartes en mains pour faire de la campagne de cet été un succès, ou non.

Six médailles en 2004, huit en 2008. Logiquement, vous devez donc en gagner dix cette année. Est-ce possible?

Je n’ai jamais dit que je voulais en gagner autant cette année! On verra comment ça se passe…

Connaissez-vous Larissa Latynina? Elle est la seule athlète qui a gagné plus de médailles olympiques que vous (18 contre 16)…

Oui. Au cours des derniers mois, et même des dernières années, j’ai entendu une pléiade de noms de grands champions parmi lesquels figurait celui de Larissa Latynina. C’est un honneur pour moi de pouvoir participer aux Jeux Olympiques et de voir mon nom aux côtés de ceux de tels champions. Ce qu’ils ont fait est incroyable. J’ai toujours eu comme leitmotiv d’être le meilleur possible, j’ai toujours eu envie de réaliser ce que personne n’a encore fait. Je garderai cet esprit jusqu’à la fin de ma carrière.

N’êtes vous pas agacé que l’on vous parle toujours de vos records?

Non. C’est vrai que l’on me pose souvent ce genre de questions, mais il s’agit quand même de certains des meilleurs moments de ma vie. Ca me permet de me rappeler de ces supers souvenirs. Du coup, je ne suis jamais vraiment ennuyé par ce genre de questions.

Quel est votre régime alimentaire actuellement? Vous avez un appétit d’ogre en préparation, paraît-il. On parle de 10.000 calories par jour…

Non, je ne mange pas autant. Je n’ai pas besoin de 10.000 calories par jour (rires)! C’est n’est pas vrai. J’essaye de conserver mon poids de forme, celui qui m’aidera à être plus performant le jour J. Ce n’est pas facile tout les jours. Je ne mange pas plus qu’avant.

Vous êtes boulimique de médailles, mais sur quelle épreuve êtes-vous le plus vulnérable aujourd’hui?

Je n’en ai aucune idée. La seule chose dont je veux être sûr avant une compétition c’est de m’être préparé du mieux possible. Si je suis sur le plot de départ en étant satisfait de ma préparation et que je fais de mon mieux lors de la course, je sais que je n’aurai pas de regrets. Je peux contrôler ce que je fais mais pas ce que les autres font.

Avez-vous prévu d’aller voir d’autres épreuves aux Jeux? Quels sports vous intéressent?

J’ai toujours aimé l’athlétisme et le football aux Jeux olympiques. Mais j’aime bien regarder le patinage de vitesse aussi, en hiver. Je trouve ça vraiment divertissant. J’aime bien le snowboard également. Mais la vérité, c’est que je crois qu’une fois sorti des bassins, je ne suis pas très bon.

Quel est le nageur français que vous redoutez le plus et sur quelle nage? Yannick Agnel, Alain Bernard, Fabien Gilot?

Je ne peux pas vraiment dire que j’ai peur de quelqu’un. Quoi qu’il en soit, ce sont d’excellents nageurs. Nous avons déjà fait de belles courses ensemble. C’est fantastique pour un pays de compter dans ses rangs un nageur comme Alain Bernard.