Jocelyn Gourvennec : «Une grosse déception personnelle»

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Interview de Jocelyn Gourvennec, ex-milieu de terrain du FC Nantes (1995-1998)

Quel souvenir gardez-vous de la défaite (2-0) à l'aller au stadio delle Alpi de Turin ?

Une grosse déception personnelle. Comme Bruno Carotti (45e) a été expulsé avant la mi-temps, notre entraîneur Jean-Claude Suaudeau a décidé de me sortir. Je me souviens avoir pleuré sous les douches. Il y avait 0-0 à la mi-temps. On n'avait pas été mis en danger. Notre jeu était cohérent. Mais à 10 contre 11, ce n'était plus le même match !

Vous en voulez à l'arbitre de la rencontre ?

C'était un scandale. (Il le répète à plusieurs reprises) Notamment dans son comportement en première période. Et puis l'expulsion, ça a été le ponpon ! De toute façon, on avait le sentiment que si on était resté à 0-0 plus longtemps, l'arbitre aurait sifflé un penalty pour nous faire perdre... On sait pertinemment qu'à ce niveau, l'arbitrage penche toujours en faveur du gros club. Il y a une pression plus difficile à gérer pour un arbitre qui va à Turin ou Milan qu'à Lyon ou Nantes !

Que vous inspire le scandale qui touche en ce moment la Juventus ?

Ça me navre. Mais ça ne me surprend même pas. C'est drôle, j'ai fait une demi-finale avec Nantes contre la Juve et on parle de matchs truqués par le club turinois. Et j'ai joué une demi-finale avec l'OM contre Parme, en 1999. Et il y a un an, il y a eu des soupçons de dopage dans le club parmesan... De toute façon, tous les joueurs qui ont participé à ces matchs-là n'étaient pas dupes.

Vous évoluez à présent à Clermont, qui est relégué en Nationale ? Comment envisagez-vous votre avenir ?

Je suis en fin de contrat mais j'aimerais continuer à Clermont. J'attends la réponse des dirigeants. Je me donne encore deux ans, ensuite j'envisage de coacher.

Recueilli par David Phelippeau