Football : Bruno Carotti n'a toujours pas oublié

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Une soirée cauchemardesque. Bruno Carotti (33 ans) n'oubliera pas de sitôt la demi-finale aller de la Ligue des champions disputée au stadio delle Alpi de Turin le 3 avril 1996 (défaite 2-0). « Avec mon expulsion juste avant la mi-temps, rapporte l'actuel capitaine de Montpellier (Ligue 2), le match a été tronqué. C'est plus que sévère. Je cours derrière Padovano, il tombe tout seul. Que voulez-vous faire ? En tout, on a pris je ne sais combien de cartons [six] et Eric Decroix s'est même fait casser le nez. Bizarre... On n'était pas des bouchers à l'époque. »

Dix ans après les faits, l'ancien défenseur central des Canaris de 1996 à 1998, qui suivit la seconde période du tunnel d'accès au terrain – « Que ce fut long ! » –, l'a toujours mauvaise. « On a eu droit à un arbitrage à la maison, c'est clair, peste l'intéressé, fort mécontent de la prestation de M. Gallagher (Angleterre.). D'après ce qu'on a su, la délégation arbitrale a été très bien reçue, notamment à l'hôtel. De toute façon, ces grands clubs ont une gestion très pointue de tous les paramètres, alors... » Du coup, l'énorme scandale qui éclabousse depuis quelques semaines la Juve – ses dirigeants, notamment le directeur général Luciano Moggi, sont accusés de fraude sportive et la « Vieille Dame » pourrait être rétrogradée – ne le surprend guère. « Tôt ou tard, tout se sait, lâche celui qui évolua entre-temps à Paris, Saint-Etienne et Toulouse. Dès lors, les titres n'ont plus la même saveur. Sur leurs 29 titres de champion d'Italie, tu te dis : combien sont valables ? C'est dommage. Quoi qu'il arrive, même si les joueurs se sont défoncés sur le terrain et n'ont rien à voir avec ça, leur image est ternie. »

Pascal Rouyer