Le Tallec, un attaquant à la relance

David Phelippeau

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«Je suis à Dortmund, je suis bien. Quand on me parle de Rennes, ça me fait rire. Je n'ai aucun regret. Hé, je suis champion d'Allemagne ! » Quand vous lisez ces quelques déclarations accordées en juin au site de So Foot, le joueur a de quoi passer pour un arrogant…
Damien Le Tallec (21 ans), qui s'est engagé hier pour deux et demi, n'a pourtant franchement pas de raisons de fanfaronner. Formé au Stade Rennais, le frère d'Anthony (Auxerre) s'est exilé en 2009 au Borussia Dortmund. « Il faisait partie de la génération des M'Vila, Brahimi, se souvient Pierre Dréossi, manager général de Rennes. Il est passé pro et il n'a pas voulu patienter. Il a voulu aller trop vite. Il a voulu gagner du temps en allant à Dortmund, il en a perdu ! » Quatre apparitions en Bundesliga, le bilan est famélique. « Il a donc évolué en 4e division (CFA en France) parce qu'il y avait trop de concurrence, raconte un journaliste français en Allemagne. Pourtant, Klopp, le coach du Borussia, m'a dit un jour de lui qu'il était très talentueux ! »
Même qualificatif utilisé par Patrick Rampillon, directeur du centre de formation de Rennes : « Il n'accepte pas la médiocrité. Il a du caractère, une vraie personnalité. » Trop peut-être ? Certains lui prêtent des prises de tête fréquentes à Rennes à l'époque. Beaucoup disent de lui qu'il n'a pas la langue dans sa poche. « Oui, il a du caractère, et il lui en a fallu des couilles pour partir si jeune (19 ans) et tout seul en Allemagne, répond Landry Chauvin, le coach nantais. J'ai aimé son discours plein d'humilité. Il veut se refaire un nom avant de se faire un prénom… »
Chauvin se souvient parfaitement de ses qualités au Stade Rennais : « Un super sens du but, il est très fort dans l'axe, même s'il a joué plus sur un côté à Dortmund ! » Vincent Pageot, qui a évolué à ses côtés en Ille-et-Vilaine, embraie : « C'est un vrai buteur. L'année où on gagne la Gambardella (2008), il nous en met un paquet ! C'est un renard. » « Ce n'est pas un joueur d'espaces de par sa morphologie (1,84 m), poursuit Rampillon. Mais il est toujours présent, là où il faut. Je pense aussi qu'il a dû gagner en maturité avec ce qu'il a vécu en Allemagne… » On va très vite le savoir.