Euro 2012: Karabatic-Balic, deux étoiles filantes?

HANDBALL Considérés à une époque comme les deux meilleurs joueurs du monde, les deux demis-centre, qui se retrouvent une nouvelle fois mardi, ont pour l'instant raté leur Euro...

Bertrand Volpilhac, en Serbie

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Nikola Karabatic et Ivano Balic, le 1er février 2009
Nikola Karabatic et Ivano Balic, le 1er février 2009 — Marko Djurica / Reuters

De notre envoyé spécial à Novi Sad,

Dans l’imaginaire collectif, une image symbolise à elle seule le règne de l’équipe de France sur le monde du handball. C’est celle du regard insolent, presque méprisant de Nikola Karabatic pour Ivano Balic, venu chercher nez à nez une explication verbale. Dominé par la taille et la confiance du Français, le demi-centre croate perdait alors le duel des meilleurs joueurs du monde et laissant la France filer vers le titre de championne du monde. C’était en 2009. Et depuis, ces deux là n’évoluent plus tout à fait sur une autre planète.

Pire encore, ils ont coûté très cher à leur équipe depuis le début de la compétition. Fantomatique, le Français présente des statistiques catastrophiques et ne pèse pas sur le jeu des doubles champions du monde en titre. A l’inverse, Balic, qui commence à faire ses 33 ans, cherche à trop en faire et torpille sa propre équipe, comme face à l’Espagne, dimanche. «Balic, je peux dire que ce n’est plus Balic affirme Claude Onesta, l’entraîneur de l’équipe de France. Il fait moins de différences, il porte plus le ballon. Contre l’Espagne, il a mis son équipe en difficulté.»

Circonstances atténuantes pour Karabatic

Là ou Balic râle et «tue son équipe» (dixit Bertrand Gille), Karabatic s’efface, pour le bien de la sienne. S’il avoue ne pas jouer à son niveau, et avoir fait «le pire match de sa carrière internationale» face à la Hongrie vendredi, il préfère ne pas verser dans l’autoflagellation. Il faut dire qu’il a des circonstances atténuantes, cet Euro étant pour lui la première compétition sans son père, avec qui il avait l’habitude de débriefer les matchs. «Je vous laisse imaginer ce qu’il doit y avoir pour lui dans la dimension personnelle, avec la disparition de son père, le fait d’être sur la terre natale, justifie son coach Onesta. D’évidence, ça a créé un déséquilibre qui l’a affecté… mais bon, les grands champions ne meurent jamais.»

Car c’est là qu’est toute la différence entre les deux demis-centre stars. Si à tout moment Karabatic peut redevenir lui-même, Balic, un peu blessé avant la compétition, semble plus près de la fin de carrière que du début. Méfiance quand même. «Par le passé on a prouvé qu’on pouvait bien le gérer, nuance Bertrand Gille. Mais il a encore ces qualités physiques, cette techniques individuelle très rare au plus haut niveau.» Bref, «sur un match, il peut mettre dix buts» comme le dit l’ailier Samuel Honrubia. Laissons Nikola Karabatic lui-même conclure: «S’ils ont gagné tous les matchs avant l’Espagne, c’est aussi grâce à lui. Il est toujours aussi dangereux.» Foi (d’ancien?) meilleur joueur du monde.