Luçon n'a pas pris la leçon

David Phelippeau

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Luçon a parfois bousculé l'OL.
Luçon a parfois bousculé l'OL. — F. ELSNER / 20 MINUTES

Lisandro Lopez était prévenu. « Avant le match, je lui ai parlé en italien, raconte le capitaine luçonnais Stéphane Masala. Je lui ai dit : “Je suis vraiment honoré de jouer contre toi mais sache que ça sera la guerre !” » Lyon a donc livré une bataille, hier, à la Beaujoire, pour se défaire (0-2) en 16es de finale de la Coupe de France d'une formation de Luçon, leader de CFA. L'OL a dû attendre le dernier quart d'heure (Gomis, 75e et Lopez, 90e) pour ruiner les derniers espoirs vendéens. « On les a bougés, estime l'attaquant Greg Houla. A un moment, ils ont douté. Cela se voyait dans leurs yeux... » A la pause, l'entraîneur luçonnais l'a senti aussi. « Le coach nous a dit qu'ils doutaient, raconte Marvin Seck. Il nous a dit : “Regardez-les dans les yeux !” » Les Luçonnais appliquent à la lettre les consignes. Les yeux dans les yeux, Lyon finit pas baisser la tête. L'OL recule, patauge et balbutie son foot. Luçon ne dénature jamais son jeu. Les quelque 20 000 Vendéens commencent à y croire. Gomis douche alors l'ambiance d'une belle frappe dans la lucarne. « On a un joueur au sol, râle Mayenga. Ce n'est pas très classe de la part des Lyonnais... » A la décharge de ces derniers, c'est à l'arbitre d'arrêter le jeu dans ce cas. Malgré l'ouverture du score, Luçon n'abdique pas et touche même le poteau sur un bijou de une-deux dans la surface Lopez gâche un peu plus la fête dans les arrêts de jeu.

Lyon ne plastronne pas...
« On est déçus car on était vraiment venus ici pour continuer l'aventure, regrette le capitaine vendéen. Ce n'est pas de la prétention, mais on pensait se qualifier. » Le talent d'un Lisandro ou d'un Gomis auront finalement raison de la fougue luçonnaise. Cela se joue sur des détails ce genre de matchs, poursuit Masala. C'est ça le haut-niveau. Nous, on était à 110 % et eux à 60 %. » Pendant ce temps-là, les Lyonnais rejoignent leur bus sans fanfaronner mais avec la qualification dans leurs valises. « Parfois, il faut gagner sans briller », dira Kim Källström. Luçon a donc brillé sans gagner.