Claude Onesta: «A défaut d'être brillants, on a été opiniâtres»

HANDALL Le sélectionneur de l'équipe de France retient l'état d'esprit de son équipe dans la victoire face à la Slovénie...

Propos recueillis par Bertrand Volpilhac, à Novi Sad

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Claude Onesta, lors du match face à la Hongrie, le 20 janvier 2012
Claude Onesta, lors du match face à la Hongrie, le 20 janvier 2012 — L.BALOGH/REUTERS

De notre envoyé spécial en Serbie

Que ce fut dur! Soulagé et souriant comme un soir de sacre mondial, Claude Onesta est fier de son équipe, toujours malade mais au moins courageuse. Et il ne pouvait pas demander plus que ça.

Comment expliquer que ce match fut si dur?

On n’était pas très libérés mais courageux, volontaires. Je ne sais pas… On a essayé. On sent toute la souffrance et tous les doutes qu’il y a. Les joueurs ont pourtant préparé ce match en étant très proches les uns des autres, avec beaucoup de ferveur. Mais les Slovènes ont commencé à nous faire leur récitation et à nous traverser de partout en défense. C’était un nouveau cauchemar qui commençait.

Qu’est-ce qui a permis à la France de se reprendre?

L’option de l’individuel strict en défense a vraiment déstabilisé notre adversaire. A partir du moment où ils ont dû rentrer dans un registre de jeu inhabituel, ils ont perdu beaucoup de leurs qualités. On a piqué beaucoup de ballons, ils ont eu beaucoup de tirs compliqués. Et Thierry [Omeyer] a été déterminant, notamment dans le dernier quart d’heure.

Tout n’a pas marché dans ce match pour l’équipe de France…

On a toujours nos doutes en attaque, nos joueurs fragilisés qui ont du mal à se sortir de la gadoue dans laquelle ils sont. Accambray a fait une bonne rentrée, Xavier [Barachet] un bon match, et après du courage, du courage, en veux-tu en voilà. On aurait pu se rendre la fin de match plus confortable. Une fois de plus, on a trouvé en face le meilleur gardien mondial! Tous les jours, on a le meilleur gardien du monde en face [rires].

L’état d’esprit de votre équipe vous satisfait-t-il?

Cette équipe a des ressources. Vu les enjeux, si vraiment elle voulait lâcher tel que c’était parti… C’était plus facile de lâcher que de se bagarrer. Ils ont envie de se bagarrer, alors on va continuer tous ensemble à ramer, avec la volonté à chaque fois de récupérer ce qui traîne encore. Parfois, c’est bien d’avoir à faire à des mecs courageux. A défauts d’être brillants, on va être opiniâtres. C’est une victoire comme il nous faut pour survivre.

Vous croyez toujours à la qualification?

Je vous laisse faire les calculs… Moi je ne regarde même plus les matchs de la poule [rires]. Je m’occupe de mon équipe et de celle contre qui on va jouer. C’est une belle aventure qui nous sera utile. On en ressortira plus fort, peut-être moins tranquilles, mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose.