Euro: Face à la Hongrie, Magyar à la sortie de piste

HANDBALL Accrocheuse face à l'Espagne (24-24), la Hongrie pourrait, un peu à la surprise générale, poser de vrais problèmes à l'équipe de France...

Bertrand Volpilhac, en Serbie

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Le Hongrois Ivancsik, après avoir marqué face à la Russie, le 16 janvier 2011
Le Hongrois Ivancsik, après avoir marqué face à la Russie, le 16 janvier 2011 — Darko Bandic/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Novi Sad,

Heureusement que le handball n’est pas (qu’)une question de mathématiques. Car si l’on fait bien les comptes, avec son match nul face à l’Espagne (24-24) et la défaite des Bleus face au même adversaire (26-29), la Hongrie devrait logiquement vaincre les Experts vendredi (20h15) et les éliminer quasiment définitivement de la course aux demi-finales. On en est évidemment pas encore là, et la France championne de tout garde un statut de favori bien légitime face aux Magyars. Mais il n’empêche, cette Hongrie mérite d’être prise au sérieux, et Luc Abalo ne s’y trompe pas. 

Le danger Czaszar

«Ca va être difficile, assure l’ailier gauche des Bleus. Ils ont fait un super match contre les Espagnols, c’est une équipe à notre niveau, pour l’instant. Ca va se jouer à pas grand-chose.» Son entraîneur, Claude Onesta, n’est pas beaucoup plus rassuré: «Il y a essentiellement un jeu défensif qui montre beaucoup de solidité, d’agressivité, et des gardiens très efficaces.»

Et puis surtout, l’ancien Chambérien Csaszar - qui détient avec le gardien d’Arsenal Szcezsny le titre du patronyme le plus dur à écrire d’Europe - marche franchement sur l’eau. «C’est un peu l’âme de cette équipe, reconnait Onesta. Il est efficace, dynamique et donne de la fluidité à des arrières qui ne sont peut-être pas les plus fluides de cette compétition.»

Les Hongrois comme chez eux

Bref, c’est une équipe «complète et en pleine confiance», selon le patron de l’équipe de France, qui aura en plus la chance de jouer dans une salle largement acquise à sa cause. C’est bien simple, la SPENS Arena de Novi Sad donne actuellement plus l’impression d’accueillir une convention géante sur Sza Sza Gabor qu’un Euro de handball. «Il ne va pas falloir se laisser distancer, estime Luc Abalo, qui rêve d’un scénario comme face à la Russie, avec un match ficelé au bout de 20 minutes, avec ce public qui va les pousser. Mais ce public, il perturbe surtout les arbitres. Nous les joueurs, on a l’habitude, ça va nous réveiller aussi. On va se rendre compte de l’importance du match et de l’intensité qu’il faut y mettre.»

Allez, cessons de nous inquiéter: Les Experts sont les meilleurs du monde et ont l’habitude de jouer dans un climat hostile (souvenez-vous de Zagreb 2009). Et puis de toute façon, Claude Onesta a déjà trouvé les clefs de la défense hongroise. «Si on est capable d’écarter cette défense, elle est fragile au milieu, assure-t-il. Les joueurs du milieu défensif ne sont ni dès poètes, ni des gens très mobiles. Si on les écarte, il va y avoir des opportunités pour traverser. Cette équipe est lourde, elle manque de mobilité défensive.» Et c’est une bonne chose pour l’avenir de l’équipe de France dans cet Euro.

A noter qu'en cas de défaite face à la Hongrie et de victoire de la Russie face à l'Espagne, l'équipe de France sera directement éliminée de l'Euro. Avec une défaite combinée une victoire ou un match nul de l'Espagne, les Bleus serait qualifiés pour le deuxième tour mais n'auraient quasiment aucune chance d'aller en demi-finale.