Euro 2012: Arnaud Bingo, le «cheval fou devenu cheval performant»

Bertrand Volpilhac, en Serbie

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Arnaud Bingo face à la Russie, le 18 janvier 2011
Arnaud Bingo face à la Russie, le 18 janvier 2011 — F.FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à Novi Sad

Une carrière, c’est aussi une question d’opportunité. Allez demander à tous les brillants ailiers droits laissés sur le carreau par l’inusable Grégory Anquetil. Pour Arnaud Bingo, qui était pourtant destiné à faire une bonne partie de sa carrière en Bleu dans l’ombre de Michaël Guigou, en voilà une belle, d’opportunité: avec le forfait du Montpelliérain, l’ailier gauche de Tremblay-en-France possède une occasion sans doute unique de s’installer pour de bon chez les Experts.

Nyokas: «Maintenant, c’est facile pour lui»

Champion du monde en 2011, Bingo a joué quelques bouts de matchs en début de compétitions, avant d’être relégué sur le banc par le retour de blessure de Michael… Guigou. Et depuis, le natif de Lyon n’a pas convaincu Claude Onesta, jusqu’à la préparation pour cet Euro, en Serbie. «De cheval fou, Arnaud est devenu cheval performant», lâchait même le sélectionneur des Bleus au moment d’annoncer sa liste des 16 pour la Serbie, il y a une semaine. «J’ai pris conscience que pour faire partie du groupe, fallait faire ce qu’on te demande, justifie Bingo. Pas forcément plus, mais le faire bien est juste. Etre sobre, efficace, sans faire d’excès.»

En clair, le n°27 des Bleus avait plutôt tendance à chercher à faire le spectacle et se regarder jouer qu’à être efficace. Il faut dire qu’avec sa détente sèche, on peut faire de drôles de choses… «J’avais l’habitude de jouer comme ça, et je pensais qu’on m’avait appelé pour ça, reconnait le grand (1m90) ailier à rastas. Finalement, tu apprends au contact des autres joueurs que ce n’est peut-être pas ça.» Son pote et voisin parisien Kévynn Nyokas témoigne de cette évolution: «Il a cadré son jeu. Il y a plein de choses qu’il fait plus proprement, notamment sa défense. Il est moins emporté par le ballon. Il se sent bien dans l’équipe, il n’a plus de crainte, plus de peur. Maintenant, c’est facile pour lui.»

«Un peu de stress»

Si son intégration est semble-t-il chose acquise, Bingo doit encore accomplir le plus dur: faire oublier Guigou. Pression. «Il y a un peu de stress mais je ne suis pas tout seul, avoue-t-il, serein. Tout cela ne m’inquiète pas trop.» Son coéquipier à Tremblay, Sébastien Ostertag, enchaîne: «Arnaud aime s’exprimer, mais il a compris que dans cette dream-team il y a tellement de qualités que le jeu doit être juste et précis. Il a progressé à ce niveau… Il a les qualités, maintenant il ne reste plus qu’à les mettre au service du collectif et confirmer que le sélectionneur peut avoir confiance en lui.» Et devenir un cheval régulier sur qui les Experts peuvent toujours parier.