penneteau, gardien à tête de maure

françois launay

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Originaire de l'île de Beauté, Nicolas Penneteau, portier du VAFC, est aussi le gardien de la sélection corse.
Originaire de l'île de Beauté, Nicolas Penneteau, portier du VAFC, est aussi le gardien de la sélection corse. — m.libert / 20 minutes

Les retrouvailles auront pris six ans. Pour la première fois depuis son départ de Corse en 2006, le portier du VAFC va retrouver Bastia, son équipe de cœur, dimanche en 16e de finale de la Coupe de France. « J'avais toujours envie de tomber contre eux à chaque tirage au sort. ça représente plein de souvenirs, comme le début de ma carrière, de supers années au centre de formation et aussi une belle aventure en Coupe de France », avoue le gardien valenciennois. Car s'il est né à Marseille, Penneteau a surtout passé son enfance à Porto-Vecchio et découvert le foot à Bastia, un club à l'image déformée selon lui. « C'est un club chaud. Mais quand il y a une bagarre générale, on en parle plus quand c'est à Bastia. La dernière fois, il y en a eu une à Metz et on en a beaucoup moins parlé. C'est la différence entre ce qui peut se passer en Corse et dans d'autres clubs. »
Fier de ses origines, le gardien le revendique aussi dans les buts de l'équipe de l'île, une sélection régionale créée en 2009 et composée de joueurs insulaires. « Quand on entre sur le terrain, c'est indescriptible tout ce qu'on a envie de partager et de donner pour la Corse. ça vient des tripes. Et puis il y a l'hymne, les chants corses qui font qu'on a l'impression qu'on est imbattables et qu'on peut renverser des montagnes », explique un Penneteau à la fibre militante pour son île de Beauté. A l'image de son engagement pour qu'aucun match de foot (la 37e journée de Ligue 1 est programmée ce jour-là) ne se joue en France le 5 mai, jour du vingtième anniversaire de la catastrophe du stade Furiani.

La commémoration de Furiani
« Je donne mon soutien à la pétition qui s'est lancée. Ce serait logique de ne pas jouer ce jour-là pour toutes les familles meurtries par ce drame. C'est la catastrophe sportive la plus importante qu'il y a eue en France. J'en ai parlé à mes coéquipiers. On essaie de mobiliser le plus de monde possible pour sensibiliser la Ligue là dessus », lâche le joueur de 30 ans. Un combat pour défendre l'honneur d'une région dans laquelle Penneteau se verrait bien finir sa carrière. « C'est envisageable », sourit le gardien du VAFC. Histoire de définitivement boucler la boucle.