Défaite face à l'Espagne à l'Euro 2012: C'est grave, docteur?

HANDBALL La défaite face à l'Espagne a ramené l'équipe de France sur terre, mais ne semble pas l'inquiéter outre-mesure…

A Novi Sad, Bertrand Volpihac

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Bertrand Gille face à l'Espagne, le 16 janvier 2012
Bertrand Gille face à l'Espagne, le 16 janvier 2012 — D.BANDIC/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Novi Sad (Serbie)

«Il n’y a pas le feu, mais il faut gagner maintenant». D’une phrase toute simple, pleine de sagesse et de vécu, Didier Dinart a presque tout dit. Oui, cette défaite face à l’Espagne n’a pas de conséquences tragiques pour l’avenir de l’équipe de France, mais oui, aussi, elle la met dans une situation d’inconfort très inhabituelle. Obligée de gagner ces cinq prochains matchs pour être sûre d’aller en demi-finales, la France doit d’abord trouver les raisons de la défaite avant de se relancer, mercredi face à la Russie (18h15).

«Un bon coup de pied au cul»

Et ces explications, pour Claude Onesta, il faut aller les chercher dans la préparation mentale de ce match. «Le problème, c’est celui d’une équipe qui pense y être mais qui ne l’est pas, expliquait-il mardi matin avec quelques heures de recul. On tient le discours de la mobilisation, mais ça reste du discours. On se rend compte de jours en jours que les ingrédients de la performance, l’engagement, l’intensité, la détermination, tout ça n’y est pas.» Pas forcément mécontent de la façon de jouer de son équipe, le sélectionneur des Bleus insiste: «Vous pouvez jouer juste, si vous êtes à 30% face à une équipe à 80%, vous perdez. Ce qu’on a fait, c’est juste, mais il n’y a pas d’intention donc ce n’est pas efficace.»

Un discours plutôt rassurant, qui laisse entendre qu’avec «un bon coup de pied au cul» comme l’évoque Jérôme Fernandez, les Experts devraient redevenir tout bientôt eux-mêmes. «Quand on aura résolu ce problème, tout le reste c’est de l’artifice, poursuit Onesta. Ca va revenir quand chacun d’entre nous montera son niveau d’exigence, toute la journée. Aujourd’hui, on va se secouer le cerveau, et peut-être même plus que notre cerveau. On va être moins dans les réglages que dans ce qu’on y met en intensité. Il va falloir être moins précautionneux.»

Barachet et Accambray dans le viseur

Pas plus inquiet que ça de la performance moyenne de certaines de ses cadres (Karabatic, Omeyer) Onesta avoue en revanche être franchement impatiant envers quelques joueurs, dont il n’a pas cité le nom (même si on peut penser qui William Accambray, visé par les critiques du sélectionneur quelques minutes après, en faisait partie). «Ceux qu’on ne va pas réussir à ramener en haut de la montagne, on va les abandonner en bas, voire on va les pousser en bas pour qu’ils roulent plus vite. A un moment il faut chercher à se sauver, et c’est là qu’on a besoin des plus déterminés.»

En bon capitaine, Jérôme Fernandez poursuit dans la même tonalité et écorche au passage Xavier Barachet, l’autre révélation du dernier mondial, très en difficulté face à l’Espagne à son poste d’arrière droit. «Maintenant qu’il est attendu, il doit faire évoluer son jeu, explique le toulousain. Aujourd’hui, il faut qu’on avance, en s’appuyant sur un sept majeur. On va compter sur lui quand-même, mais si on voit qu’il n’y est pas au bout du dix minutes, qu’il n’a pas changé de mode d’agressivité et d’investissement, on va trouver une autre solution.» Bref, les Experts ne tiennent peut-être encore le discours de l’urgence, mais on en n'est pas très loin quand même.