Euro: Les Experts ne sont pas invincibles

HANDBALL Pour leur entrée dans l'Euro, les hommes d'Onesta se sont inclinés logiquement face à l'Espagne (26-29)...

A Novi Sad, Bertrand Volpihac

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Bertrand Gille face à l'Espagne, le 16 janvier 2012
Bertrand Gille face à l'Espagne, le 16 janvier 2012 — D.BANDIC/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Novi Sad

Toute cette inquiétude n’était donc pas anodine. Craintifs à l’idée d’ouvrir leur Euro face à l’Espagne, l’un des leurs principaux rivaux au titre final, les Experts n’ont jamais vraiment existé et ont perdu à Novi Sad (29-26) leur première rencontre en compétition officielle depuis un match de poule face à la Croatie au mondial… 2009! Car voilà l’information de la soirée, et Luc Abalo en sourirait presque: les Bleus «ne sont pas invincibles».

Totalement absente en début de match, débordée défensivement (12 buts encaissés dans les 20 premières minutes par un Thierry Omeyer très en difficulté), l’équipe de France a traversé ce match entre frustration et agacement, dont les nombreuses pertes de balles de Karabatic sont le plus grand témoin. «On a jamais réussi à trouver des solutions ensemble dans ce match, note l’arrière Daniel Narcisse. On n’a pas eu de continuité de jeu en attaque et on a pris pas mal de contre-attaques sur nos balles perdues et les shoots ratés. Les Espagnols ont réussi à profiter de toutes nos erreurs.»

Karabatic: «Ne pas se mettre la tête dedans»

Finalement, seuls les éclairs de Jérôme Fernandez et Luc Abalo ont permis aux champions d’Europe et du monde en titre de ne pas sombrer et de rester quasiment toute la rencontre à trois ou quatre buts des Ibères. Hombrados, le gardien espagnol de 40 ans, les privant même par quelques arrêts cruciaux d’un match nul qui aurait franchement ressemblé à un hold-up. «On savait à quoi s’attendre, avoue Karabatic. Ils jouent pour piéger, ils simulent, ils truquent, alors que ces joueurs-là sont beaucoup moins bons que nous. Mais on ne mérite pas de gagner, c’est clair.»

Pas forcément inquiète, mais «consciente du match qu’elle a fait» selon le demi-centre de Montpellier, l’équipe de France n’a désormais plus le droit à l’erreur si elle veut aller en demis. «Il reste deux matchs dans ce premier tour, conclut Karabatic. Si on les gagne, tout peut aller très vite. Ca ne sert à rien de se blâmer et de se mettre la tête dedans. Il ne faut pas paniquer et tout remettre en question.»