PSG: Quelle langue pour le FC Babel?

FOOTBALL Face à la multitude de nationalités qui composent l'effectif et l'organigramme parisien, pas facile de communiquer...

Antoine Maes

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Leonardo, le directeur sportif du PSG, Nasser El-Khelaïfi, le président, et Carlo Ancelotti, l'entraîneur, le 2 janvier 2012, au Qatar.
Leonardo, le directeur sportif du PSG, Nasser El-Khelaïfi, le président, et Carlo Ancelotti, l'entraîneur, le 2 janvier 2012, au Qatar. — Osama Faisal/AP/SIPA

Un président qatari, un directeur sportif brésilien, un entraîneur italien, un adjoint anglais, et huit nationalités différentes chez les joueurs. C’est peu dire que la communication n’est pas une chose facile au PSG. Cela n’empêche pas le club de la capitale de squatter la première place de Ligue 1, malgré un coach qui passe ses consignes en italien, en français, voire en anglais. Alors le club doit-il appliquer une langue officielle?  A 20 Minutes, on propose trois solutions au PSG pour clarifier la situation.

En Français, parce que c’est Paris 

Les propriétaires du club, depuis l’été dernier, ne sont plus français. Il n’empêche, dans un club aussi emblématique que Paris, «la langue du pays s’impose», indique Françoise De Oliveira, la vice-présidente de Défense de la Langue française (DLF). «Quand on a des joueurs brésiliens, où le Français était la 2e langue il n’y a pas si longtemps, qu’on a des Italiens qui peuvent le comprendre facilement, et des gens du Qatar, où on le parle beaucoup, ça me parait évident», poursuit-elle. De fait, la plupart des joueurs et de l’encadrement technique prennent des cours relativement régulièrement, et sont capables d’aligner quelques mots. N’empêche, certains maltraitent encore la langue de Molière plus de six mois après leur arrivée. «Mais l’anglais n’est pas plus facile à apprendre», promet François De Oliveira. 

En Esperanto, pour ne froisser personne 

Conçue à la fin du 19e siècle, l’Esperanto est une langue construite de toute pièce, qui n’est donc reconnue comme officielle dans aucun pays. «L’avantage, c’est que tout le monde serait sur un pied d’égalité, personne n’imposerait rien aux autres», indique Axel Rousseau, président de Esperanto-France, une association qui tente de promouvoir cette langue dans l’Hexagone. Autre avantage, et non-négligeable: sa facilité d’apprentissage. «En six mois, à raison de 1h30 par semaine, on peut communiquer normalement avec un autre interlocuteur. C’est entre sept et dix fois plus facile que l’Anglais, par exemple», jure Axel Rousseau. Enfin, une formation pour l’ensemble du secteur sportif ne devrait pas coûter grand-chose. Dans les associations, les cours sont souvent gratuits, quand la formation payante la plus chère de France est à 200 euros. Alors autant commencer tout de suite: « Football» se dit «Piedpliko». 

Aucune, le langage du foot suffit  

Au fond, est-il vraiment nécessaire d’échanger des heures pour faire une équipe de foot? «Tout ce qui compte, ce sont les résultats. S’il y en a, même les supporters s’en foutent de la langue employée», raconte Kaba Diawara. L’ancien attaquant bordelais a bourlingué en Angleterre, en Turquie, au Qatar, en Grèce et en Argentine. «A chaque fois, la langue dont on se sert le plus, c’est celle du foot. Avec des mots comme «à gauche», «à droite», «ça vient», c’est facile. Et après, il y a les gros mots. C’est toujours les premiers trucs que t’apprends», se marre l’ancien Marseillais. C’est en dehors du terrain qu’il faut faire attention, en employant la langue du pays «pour parler au président ou aux médias». C’est donc dans les cordes des joueurs parisiens. «Ils ont peut-être pas leur bac, mais ils ne sont pas «teubé» non plus. Et puis, ils ont Makelelele, qui parle anglais et espagnol. C’est lui le garant du vestiaire et de l’esprit du club», conclut Kaba Diawara. Et qui signera les demandes de formation en langue vivante?