Open d'Australie: Qui peut créer la surprise?

TENNIS Si les trois meilleurs mondiaux semblent les mieux placés pour l'emporter à Melbourne, Murray, Tsonga et Ferrer ont des arguments...

Nicolas Beunaiche

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Jo-Wilfried Tsonga, le 4 janvier 2012 à Doha;
Jo-Wilfried Tsonga, le 4 janvier 2012 à Doha; — F. Al-Assaad / REUTERS

Quoi de mieux qu’un tournoi aux antipodes pour renverser la hiérarchie? Alors que débute ce lundi l’Open d’Australie, l’éternel serpent de mer tennistique fait son retour à Melbourne: un tournoi du Grand Chelem peut-il enfin échapper à Novak Djokovic, Rafael Nadal ou Roger Federer? 20 Minutes a cherché des raisons d’y croire et passe au crible les principaux prétendants.

Andy Murray, le quatrième homme

En 2012, l’Ecossais s’est fixé comme objectifs de «monter au classement et [de] gagner des Grands Chelems». Oui, comme en 2011, 2010, et les années d’avant. La différence, c’est que Murray est désormais entraîné par une légende du tennis, double vainqueur de l’Open d’Australie, Ivan Lendl. De l’aveu même du joueur, le rôle du Tchèque est surtout mental. «Il m'a dit de jouer chaque point comme si c'était le dernier […] d’envoyer un message clair à tous les autres joueurs: à chaque fois qu'ils entreront sur le court pour m'affronter, qu'ils sachent qu'un match très difficile les attend», a-t-il expliqué au magazine australien The Age. A Melbourne, Murray arrive en forme –il vient de remporter le tournoi de Brisbane- et peut s’appuyer sur l’expérience de ses deux finales consécutives lors des deux dernières éditions. Et si tout cela ne suffit pas, le numéro 4 mondial peut toujours méditer cette statistique: si Lendl a remporté huit trophées en Grand Chelem, il est aussi connu pour n’avoir gagné son premier titre… qu’à son quatrième essai.
 

Jo-Wilfried Tsonga, the Melbourne identity

Melbourne, c’est un peu le lieu de naissance de Tsonga. L’endroit où, en 2008, le Manceau s’est révélé en atteignant sa première et seule finale de Grand Chelem. Le terrain de jeu, également, où il a failli récidiver en 2010, battu en demi-finale par Roger Federer. Logique, donc, de placer le numéro 6 mondial parmi les outsiders sérieux cette année encore. D’autant que Jo-Wil arrive «en plutôt bonne forme», «sans douleurs physiques», et qu’il vient de remporter le tournoi de Doha. Désormais, il n’hésite même plus à parler de la tête du classement ATP. Un vrai changement d’état d’esprit. Si tout se passe bien pour le Français, il devrait retrouver Gilles Simon en huitièmes de finale, puis Murray en quarts. Des retrouvailles qui rappelleraient leur duel de 2008… au premier tour de l’Open d’Australie.
 

David Ferrer, l’Espagnol tout-terrain

Sur sa carte d’identité, il est Espagnol. En Grand Chelem, David Ferrer semble pourtant presque plus à l’aise sur les surfaces dures et rapides que sur la terre battue chère à ses compatriotes. Ça tombe bien, le numéro 5 mondial est de retour sur le terrain de l’une des deux grandes demi-finales de sa carrière. Comme Murray et Tsonga, Ferrer a commencé l’année avec un titre, à Auckland. Et comme eux, il affiche un état de forme intéressant. Reste à dépasser son complexe d’infériorité, quoique logique, vis-à-vis des trois premiers mondiaux. «Murray, Djokovic, Nadal et Roger [Federer] évoluent à un très haut niveau. Plus haut que tous les autres joueurs […] Je pense que je suis un peu plus près de gagner un Masters 1000 qu’un tournoi du Grand Chelem», concède-t-il. Malheureusement pour lui, le tirage n’a pas été des plus cléments. En quarts de finale, Ferrer pourrait en effet rencontrer Novak Djokovic.